Dans le milieu journalistique parler de sa “marque” peut parfois s’apparenter à parler de capitalisme dans une économie communiste. Tabou, pas bien, faut pas se vendre. Nous ne sommes pas des produits mais des humais. On sait merci. Seulement, dans la masse de jeunes journalistes qui sortent chaque année des écoles, cher jeune journaliste, si tu ne laisses pas ta marque, les rédacteurs en chef et autres recruteurs te remarqueront à une vitesse d’escargot.
Une bonne marque passe par une bonne identité numérique. Un bon nom/pseudo, un blog, des comptes twitter, Facebook, linkedin, FlickR, Vimeo bien entretenus. Il faut ensuite générer des discussions sur des blogs de camarades (pour les cocos) et de collègues (pour les capitalistes) pour vous faire connaître.
Il y avait bien les bons vieux réseaux qu’on tisse en école de journalisme pour qu’on sache qui vous êtes. Mais pour toucher tous les responsables potentiels, être visible de tous peut s’avérer malin. C’est en lisant cet article, Pourquoi les étudiants en journalisme devraient cultiver leur marque sur le blog Mediashift de la chaîne américaine PBS, que certains souvenirs du lancement de mon blog sont revenus.
Un blog c’est un espace perso, pour publier vos productions réalisées à l’école de journalisme (ou ailleurs) sans que cela tombe dans l’oubli. Un moyen de montrer à un recruteur que vous vous débrouillez sur le web, ce qui peut être utile dans TOUTES les rédactions, tous médias confondus. C’est pas qu’un truc de techos.
C’est un CV, un portfolio et votre propre espace de publication ayant sa propre ligne éditoriale. Pour une fois vous êtes le rédac’ chef. NA. Travailler sur un projet que vous avez construit peut s’avérer très formateur (et bien utile) avant d’entrer dans une rédaction déjà constituée. Cela vous apporte un esprit d’initiative fou, et mine de rien, ça vous exerce à l’écriture web.
Tous les journalistes ont leur identité. Vous savez en effet distinguer les papiers de Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts de ceux de Raphaëlle Bacqué si vous connaissez un peu les journalistes des rédactions de Libération et du Monde. Votre personnalité numérique peut vous permettre de construire votre identité, de vous faire un nom, cette fameuse marque (le personal branding pour les ricains), sans avoir à publier sur les sites des journaux existants. Et c’est important en ce moment, c’est PBS qui le dit.
With journalism shifting toward an era of the personal, rather than the institutional, brand, students need to consider how they are going to stand out as the expert in a knowledge-based economy.
Ces considérations m’ont rappelé une journaliste-blogueuse américaine que je suis: Julia Allison. L’été dernier, elle était en couverture de Wired magasine, ce magasine de référence sur les tendances web. La couverture portait sur les tuyaux pour se faire connaître sur le web (How to get internet famous even if you’re nobody). Elle évoquait un concept intéressant l’“entrepreneurial personality-based new-media journalism”. Expression intraduisible que je résumerais par: si tu es journaliste sur le web bouge toi le cul pour monter ton projet perso et le faire connaître.
Ce qui me semble intéressant dans ce qui dit Julia Allison, c’est que les lecteurs/consommateurs de médias préfèrent se fier à des personnalités plus qu’à des grands groupes. D’où le développement de l’interactivité et l’émergence de community manager. (AH). Du coup, si vous vous constituez une marque qui plaît, vos employeurs potentiels auront envie d’apporter votre marque à la leur et donc…de vous employer.
Comment on fait? (more…)










