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On arrête de dire, de prononcer le mot forçats. Fini, stop, personne n’en peut plus (et pas seulement Eric Mettout de l’Express.fr). Le mot a perdu son sens véritable. Et ayons un peu de respect pour eux, quand même.

L’article “Les forçats de l’info” signé Xavier Ternisien a été publié dans Le Monde, il y a tout juste un mois. Un mois qu’on discute et surtout qu’on se rencontre (au delà de Twitter j’entends, dans la vraie vie vous savez) pour parler journalisme de demain. Ca en saoûle beaucoup qu’on parle aussi (trop) sur le web, et je les comprends bien. Mais, ce sont les discussions et ces rencontres dans la vraie vie qui me semblent intéressantes et qui m’importent.

Il y a eu le “café des OS” (bien arrosé et très sympathoche) qui a permis aux djeuns de se dire bonjour et de parler de conditions de travail. C’était le jeudi 18 Juin. Il y a eu ce débat que j’ai organisé, très court, le mardi 23 Juin (en plein remaniement du gouvernement), qui a soulevé pas mal de problèmes, notamment sur la formation au journalisme web qui, selon Benoit Raphaël (Le Post.fr), Joël Ronez (Arte.tv) et Johan Hufnagel (Slate.fr) ne dépendrait plus des écoles mais de l’implication des étudiants en journalisme sur internet. A noter: l’université Paul Verlaine de Metz lance cette année une formation aux “rich media” qui porte spécifiquement sur l’information destinée au web.

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Benoît Raphaël, Eric Mettout, Johan Hufnagel, Joël Ronez, Emmanuel Parody, Pierre Haski, Laurent Mauriac et Sophie Dufau //Photo: Aude Baron

(Ecoutez l’intégralité du débat dans le dossier sur les journalistes web signé Eric Chaverou sur le site de France Culture).

Et il y a eu un débat organisé lundi soir par “ça presse” à l’EMI-CFD auquel j’ai assisté et que j’ai liveblogué sur Twitter (grâce à l’aide précieuse de Steven Jambot, à Toulouse, qui tweetait mes SMS old school, puisque je n’avais ni Blackberry, ni Iphone… pas de soussous pour ça -merci à Joseph Melin, photographe, d’avoir immortalisé ma pauvre geekitude à tendance fail).

Maintenant on sait surtout qu’on doit changer, et surtout qu’on doit arrêter de se regarder pourrir. Qu’on se présente plutôt comme des passionnés que comme des f…(j’ai dis que je ne dirai plus ce mot). Tous ces gens qui déplorent des conditions précaires, en parlent maintenant de vive voix: les journalistes web qui sont sous-payés dans certaines rédactions de sites d’infos (on appris qu’un journaliste de 20minutes.fr est payé 1800 euros brut par mois, c’est aussi le cas sur d’autres sites). Mais pas seulement eux, il y aussi les pigistes, les journalistes de PQR, qui assurent des locales entières, seuls, et des stagiaires diplômés qui assurent des postes de journalistes titulaires…

Il ne faut pas parler seulement du web, ce serait réduire la discussion à une seule catégorie de journalistes.

Lors du dernier débat lundi soir à l’EMI-CFD, où Eric Mettout, Xavier Ternisien, et Julien Ménielle, de 20minutes.fr, étaient réunis à la “tribune”, Pierre Haski, rédacteur en chef de Rue89, dans la salle, précisait que “60% des français ne font plus confiance aux journalistes” (sondage La Croix/Logica), Jean-Marie Charon, sociologue des médias, là aussi, soulignait que “les grandes rédactions avec beaucoup de journalistes coûtent très cher” et diminuent donc les effectifs, dans les chaînes télé, à la radio, dans les quotidiens comme sur le web.

Résumons: Statuts parfois précaires, réductions d’effectifs…dans un contexte économique franchement pas simple, pour des médias qui rament parfois à trouver ou à sauver un modèle économique. Pourtant, chaque année, des centaines d’étudiants en journalisme sortent d’écoles avec des étoiles dans les yeux. Pourquoi?

On est des passionnés je vous dis. Si tous les journalistes acceptent à un moment de leur carrière (ou tout du long) d’être précaires, de multiplier les stages ou d’être mal payés, c’est parce qu’ils aiment ça. Alors bougeons nous le cul pour nous faire aimer de nos lecteurs qu’ils retrouvent confiance en nous. Qu’ils aiment venir nous voir et qu’on trouve un moyen de survivre grâce à ça.

Plutôt que de pleurer sur notre sort, ce qui est une étape nécessaire, employons nous à revaloriser, réevaluer et même changer notre métier aux yeux de tous et pas seulement entre nous.

On fait comment? Read More

Il est 2h38 du matin. Ordi ouvert. Gmail, Twitter, Facebook, Tumblr, Friendfeed, Le Monde, et Le NYT…(et le blog de Margaux motin, hum!)

Suis je une forçat de l’information comme ceux que décrit Xavier Ternisien dans un article paru sur LeMonde.fr? Ce journaliste media a interviewé une partie des journalistes et rédacs’ chef des sites d’info français et analyse la nouvelle génération de journalistes online: des forçats ultra connectés.

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Je vous laisse apprécier le choix de la pub associée à l'article

On leur a déjà trouvé un surnom : “Les OS de l’info.” C’est Bernard Poulet qui a lancé la formule dans son livre choc paru en janvier, La Fin des journaux et l’avenir de l’information (Gallimard). On dit aussi “les journalistes “low cost”“, ou encore “les Pakistanais du Web”. “Ils sont alignés devant leurs écrans comme des poulets en batterie”, constate, effaré, un journaliste de L’Express, en évoquant ses confrères du site Web Lexpress.fr.

Internet a accouché d’une nouvelle race de journalistes. Moyenne d’âge : 30 ans. Le teint blafard des geeks, ces passionnés d’ordinateur qui passent leur temps devant l’écran. Ils ont suivi le parcours obligé : stage, contrat de professionnalisation, contrats à durée déterminée (CDD), avant d’espérer un hypothétique contrat à durée indéterminée (CDI). Ils enchaînent les journées de douze heures, les permanences le week-end ou la nuit.

Testons donc l’efficacité de la définition de Mister Ternisien? Moi: pas encore 30 ans mais… teint blafard (ouais), stage (ouais), douze heures (ouais), permanence week end, la nuit (ouais). Est ce que j’en suis alors? Hum comment dire… Eric Mettout et Arnaud Aubron ont beau critiquer cet article en forme de caricature, avouez que vous aussi vous avez des têtes de poux!! (6 jours sur 7 au moins). L’article a le mérite de souligner des conditions précaires dues au manque de considération du journalisme web (stages, CDD, etc..)

Cela dit, la vérité s’arrête là. C’est pas le physique qui compte, c’est ce qu’il y a à l’intérieur… comme dirait l’autre.

Ce ne sont pas les jeunes journalistes web qui sont fatigués, mais la place des sites web d’info français qui va mal. La société des éditeurs du monde interactif a bien raison de répondre à l’article en soulignant des conditions de travail moins favorables sur la version online du quotidien. Il se trouve que nous avons une apprentie de Sciences Po qui bâtonne sa dose de dépêche au Monde.fr à l’heure où je vous parle donc c’est véridique. (Update:  L’apprentie concernée se sent très bien au Monde.fr et ne travaille “qu’avec de l’image” (ce sont ses propos), on m’avait mal informée je m’en excuse!)

Il existe donc une forte précarité, qui nous préoccupe. Autre constat problématique : les salaires sont, à ancienneté égale, inférieurs à ceux qui ont cours au Monde.

Que les sites d’info n’aient pas encore trouvé leur modèle économique, et donc que l’argument de la rentabilité serve de prétexte au manque d’investissements, ok…. mais ne devrait-on pas chercher à investir au lieu de mépriser ses geeks aux yeux défoncés qui font tourner les sites des plus grands quotidiens? Internet est clairement l’avenir. (NA!). Il faudrait juste que dans les rédactions, les anciens journaleux du papier commencent à y croire car c’est précisément ce mépris qui rend les jeunes journalistes blafards!

Au Monde par exemple, LE grand journal français, le mépris, ce n’est pas seulement entre LeMonde et LeMonde.fr mais aussi entre LeMonde.fr et Le Post.fr Les nouveaux contenus online (qui marchent) semblent faire peur. Je ne veux pas que tout soit tout beau tout rose, mais quand les deux générations de journalistes arrêteront de se cracher dessus et penseront innovation, futur et nouvelle formes d’info tous ensemble, on se marrera plus.

Tout comme les sites web ne sont pas le Tiers état de l’information, les jeunes journalistes ne sont pas des esclaves.

Car les djeuns, non seulement ils se couchent tard, mais en plus ils pensent didon. La solution pourrait donc venir de ces forçats de l’info, hein? Comme Sylvain Lapoix, un journaliste de Marianne2.fr qui vient de lancer une très chouette association au nom imprononçable: Djiin, l’association pour le développement du journalisme, de l’information et de l’innovation numérique. Une association qui fera sûrement autre chose que se poser la question rebattue (mais pas tranchée) du journalisme citoyen (blog vs. journaux) et de la viabilité des modèles économiques (pas grand chose à ce jour). Le projet? Read More

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