Hier, j’ai révisé une leçon élémentaire de journalisme: la valeur essentielle des mots et d’un titre d’article. Hier, c’était le jour de la publication de mon premier article pour Forbes.com.
Sauf que le titre de l’article en question Twitter Not Loved in Europe ne reflétait pas le contenu. !!!!UPDATE!!!!: Après avoir insisté le titre a été changé. Nouvelle Version: Why Europe’s CEO should Twitter.

Tout a commencé lorsque j’ai proposé de trouver les comptes Twitter d’entreprises européennes les plus intéressants pour un article. Sauf qu’en appelant les sièges de grands groupes, on m’a ri au nez. Et pour cause, soit ils ne connaissaient pas, soit ils ne voyaient pas en quoi ça pourrait aider leur compagnies.
Résultat j’écris un article que j’intitule How to Twitter for European CEOs (Comment utiliser Twitter pour les PDG européens) expliquant que, comme le font déjà les Américains, l’utilisation de Twitter peut aider à booster la stratégie d’une entreprise. Et donc, EN AUCUN CAS, je n’explique dans l’article que les PDG européens n’AIMENT pas Twitter mais plutôt qu’ils ne CONNAISSENT pas ou ne voient pas encore l’intérêt marketing.
J’écris à la rédac’ chef du service TECH, Wendy Tanaka, pour lui demander de changer le titre avant la publication (et le sous-titre, tout aussi incorrect: “European companies say the social-networking tool is a time waster.“) Ce à quoi elle me répond qu’on est pas obligé d’être exact dans le titre. Je ne suis qu’à moitié d’accord mais après avoir insisté j’ai compris qu’elle ne souhaitait pas changer le titre.
Sauf que rebondissement, aujourd’hui quand l’article apparaît online, Loic Le Meur, une des personnes que j’ai interviewé reprend mon article et écrit un post intitulé Do European companies really dislike Twitter? corrigeant l’argument selon lequel les PDG européens n’aimeraient pas Twitter. Mais le truc c’est qu’à part le titre et le chapo (sous-titre), aucun des PDG et compagnies que je mentionne dans l’article ne dit qu’il(s) n’aime(nt) pas Twitter. Et lorsque Loic Le Meur conclut:
“I don’t think most european companies dislike Twitter that much, they just do not get the realtime web yet, give them some time.” (Je ne pense pas que les compagnies européennes n’aiment pas Twitter, c’est juste qu’ils ne comprennent encore pas le web en temps réel, et qu’il faut leur donner du temps”).
-Non seulement je suis d’accord mais c’est ce que j’essayais de montrer aussi: C’est pas qu’ils n’AIMENT pas, c’est qu’ils ne SAVENT pas.
Morale de l’histoire: Le titre a changé l’angle de mon article. Parce qu’après avoir lu un titre aussi clair, le lecteur ne pouvait pas comprendre mon article autrement. Même si rien ne dit ensuite que les PDG européens n’aiment pas Twitter.
UPDATE: article aussi repris sur le site TECH Mashable. European companies don’t like Twitter, should they?:
“According to Forbes, US companies love Twitter, and many of them have frequently updated Twitter accounts. European companies, however, rarely do, and many European CEOs don’t even know what Twitter is.”
UPDATE 2: Mashable recherche des PDG européens qui utilisent Twitter.
UPDATE 4: Après avoir constaté (notamment sur Twitter) l’effet d’un titre qui ne reflétait pas la réalité, la rédac’ chef a changé le titre de l’article: Why Europe’s CEO should Twitter. Une journée intense sur Twitter aura réussi à faire changer un titre d’article erroné. Bienvenu dans le journalisme 2.0.







