Archive

Monthly Archives: January 2012

Avant de commencer (et si vous en avez rien à foutre du reste) : le palmarès du festivalautrement dit une très bonne liste de BD à lire.

Mon histoire avec Angoulême avait mal débuté. La ligne 4 du métro avait décidé d’être en panne, comme ça un samedi matin, et de me faire manquer mon train Je n’ai jamais manqué un train de ma vie (je fais comme les mémés j’arrive toujours 20 minutes avant pour m’acheter le magazine La Vie au kiosque).

Je n’arrivais donc qu’à 13h35 dans la ville des bulles, après une balade de santé obligée d’une heure à Poitiers (le futuroscope est toujours aussi mort) et avoir claqué 50 euros pour me racheter un billet.

Ce que j’ai vu de Poitiers 

Quand j’arrive enfin à Angoulême, il faisait beau mais mon bad karma avait décidé de se ramener deux heures plus tard avec sa meilleure pote : la pluie. Et la ville se transforma alors rapidement en décor de film d’horreur. Parce qu’Angoulême, avouons-le, n’est pas une belle ville (ce post n’est pas sponsorisé par la région Poitou-charentes, coucou Ségolène Royal).

Mais après avoir mangé une crêpe jambon-fromage un peu trop chère, j’ai découvert “Le Nouveau Monde”, cette tente qui abrite les éditeurs cools et la BD dite “alternative”. Pas les gros genre Dargaud, Castermann, Delcourt, plutôt “çà et là” qui édite “Trop n’est pas assez”, “Les grattes-ciels du Midwest“, ou Actes Sud qui édite Chantal Montellier et Brecht Evens, deux génies.

Je n’avais rien lu de Chantal Montellier, mais il se trouve que Chantal était debout au stand Actes Sud, avec Brecht Evens à côté. Tous les deux étaient sélectionnés à Angoulême cette année. Si Brecht attire les foules avec ses splendides aquarelles en guise de dédicaces, il est plus facile de taper la discut’ avec Chantal. La petite soixantaine, elle nous raconte qu’on reproche à son dernier album, “L’inscription“ (acheté, pas encore lu) d’être misandre, ce à quoi elle répond qu’il y a beaucoup trop d’hommes misogynes et nous demande si ça se dit encore de dire popoll pour désigner un pénis.

Dessinatrice de presse, ancienne prof, Chantal est sympa et me fait un dessin en me racontant tout ça.

En face de Chantal, à côté de Ulli Lust (auteur de “Trop n’est pas assez”) et Joshua Cotter (auteur de “Les Gratte-ciel du Midwest”), Eddie Campbell, homme fin et grisonnant, faisait quelques croquis à des fans venus le rencontrer, il est sélectionné cette année avec le pavé “Alec“, un recit autobiographique qui dure 30 ans et 640 pages. Sympathique, mais pas très locace, je lui tends mon exemplaire, il commence à dessiner sous la table afin que je ne vois rien. Il le referme, me le rends, me regarde l’ouvrir et me sourit. Sans lâcher un mot.

Au stand de la maison d’édition “Six pieds sous terre”, Terreur graphique, auteur du splendide “Rorschah”, BD semi-autobiographique à propos de la mort de sa mère, était plus bonhomme. Il me demande si j’étais à la soirée Arte vendredi soir. “Nan parce que c’était très bien, et puis open-bar et gratuit”.

Plus loin, Gilles Rochier, lui dit alors de me foutre la paix. Gilles Rochier, auteur de “Ta Mère La Pute”, une BD à propos de la construction d’une cité, a obtenu le prix de la révélation du festival. Je ne l’ai pas encore ouverte mais je garde la dédicace du très sympathique Gilles dans ma bibliothèque.

L’autre lieu où il faut aller jeter un oeil à Angoulême, c’est Le Monde des bulles. Un endroit chaotique où tous les gros éditeurs semblent torturer les auteurs pour qu’ils dédicacent plus vite que leur ombre.

Pas effrayés par la foule, les fans de Graig Thomson, Boulet, Pénélope Bagieu, Guy Delisle (prix du meilleur album 2012) n’hésitent pas à attendre des heures pour obtenir une dédicace. Pour vous faire une idée, voici la fille d’attente pour se faire dédicacer le tome 6 des “notes” de Boulet ou “Page Blanche” du même Boulet et de Pénélope Bagieu.

Cette demi-journée de festival ne m’aura pas permis de voir les deux expos consacrées au maître Art Spiegelman, ni aucune autre expo quand j’y pense. Celle à propos du dessinateur Fred était fermée en fin d’après-midi samedi (bad karma, le retour). L’une des deux expos Spiegelman sera présentée à Paris, mais “pas la meilleure” m’a t-on expliqué dans la salle de presse du festival.

Je suis donc repartie avec mon poids en BD, sept au total, quatre dédicacées. L’année prochaine, j’y passe quatre jours, faut pas déconner.

- Paul a un travail d’été, Michel Rabagliati (La Pastèque)

- Approximativement, Lewis Trondheim (Cornélius)

- Rorschah, Terreur Graphique (Six pieds sous terre)

- Ta Mère La Pute, Gilles Rochier (Six pieds sous terre) -> prix de la révélation

- L’inscription, Chantal Montellier (Actes Sud)

- Alec, Eddie Campbell (çà et là)

- Les Amateurs, Brecht Evens (Actes Sud)

Les BD que je lis, j’en parle aussi sur un autre blog : La BD du week-end.

Follow

Get every new post delivered to your Inbox.

Join 40 other followers