Etre pigiste, c’est “beautiful” selon Technikart
Le mensuel culturel a publié un article sur les pigistes, ces journalistes qui travaillent en freelance dans son numéro de février. Soit. Je ne suis pas sûre que cela plaise aux lecteurs qui doivent en avoir marre que les journalistes parlent de journalistes mais bon, au moins ça a intéressé la profession. A la lecture de l’article, j’ai d’abord rêvé. Et puis je me suis rapidement énervée tellement tout cela semblait écrit à la sauce “Alice aux pays des merveilles”.
- Le nombre de pigistes
Le papier intitulé “La Ligue des pigistes extraordinaires” (c’est un angle) explique que 20 pigistes se partagent la rédaction de tous les papiers des publications françaises. Ok, ils ne sont peut être pas nombreux à écrire pour plus de 4-5 publications mais selon les chiffres de la CCIJP relayés par Marianne2.fr, en 2009, 5747 journalistes titulaires de la carte de presse étaient rémunérés à la pige (et 1522 en tant que journaliste stagiaire). Cela me semble assez pour que, plus d’une dizaine publient dans plusieurs medias. Par exemple, si Gaël le Bellego travaille dans tant de publications (Glamour, Voici, Biba, Grazia, Oops, L’Express, GQ notamment), c’est aussi parce qu’il bosse dans la presse féminine depuis 8 ans 20 ans, le temps de développer son réseau. (Mise à jour: Gaël Le Bellego répond dans les commentaires). Un jeune journaliste qui sort d’école galère davantage même si la plupart d’entre eux écrivent déjà pour de nombreux medias, parfois gratuitement (et parce qu’ils aiment leur boulot).
- Le salaire
Ces pigistes “extraordinaires” gagnent entre 3000 et 6000 euros. Quand on sait que la pige peut aller de à 0/15 euros pour des publications papier à tirage moyen, 60 à 200 euros la journée dans l’audiovisuel et jusque 150 euros le feuillet (1500 signes) chez des magazines plus importants, il faut faire beaucoup BEAUCOUP de papiers pour être payés 6000 euros par mois. Il faudrait demander aux journalistes listés dans l’article s’ils gagnent effectivement cette somme estimée par Nicolas Santolaria, l’auteur du papier en question. Tous les journalistes à qui j’ai demandé (pigistes ou non) n’y croit pas une seconde, même pour ceux présentés dans Technikart.
Mise à jour: Ironie de l’histoire les pigistes sont très mal payés chez Technikart, voire pas payés du tout me fait remarquer Nicolas Chapelle, journaliste (notamment pigiste pour Les Inrocks) sur twitter. Plusieurs pigistes me signalent par mail qu’ils n’ont jamais reçu de paiement pour les articles qu’ils ont écrit pour le magazine.
- Etre pigiste c’est super cool
Lorsqu’on est journaliste, passer par la case pige, c’est un passage obligé, une étape normale de la carrière. Certains s’en sortent très bien et apprécient de travailler comme ça. Certes mais les pigistes eux-même racontent que c’est parfois très difficile (pas d’horaires, être sur le qui-vive en permanence, retoucher ses papiers à la demande) et que finalement ils travaillent beaucoup plus que leurs collègues de rédaction. Même l’article en parle, lorsqu’il reprend le témoignage de Marjorie Philibert qui lui dit “Tu vois moi, c’est pour ça que je ne suis pas vraiment d’accord avec l’angle de ton article. Déjà je ne me sens pas vraiment extraordinaire.” expliquant que lorsqu’elle prend un week-end et ne bosse pas, elle se sent mal. “Quand je ne bosse pas, j’ai l’impression que je vais me dissoudre.” Même chose pour Gaël Le Bellego qui explique “Je travaille plus de 80 heures par semaine, je collabore à une cinquantaine de titres et pourtant il m’arrive de me dire que je suis nul. Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas encore de poste fixe alors que je suis capable d’écrire un canard à moi tout seul!”
Je vous passe les citations telles que “Je suis là pour sauver le journalisme français mec. Je suis une sorte de X-men envoyé en mission” dans la bouche de John Von Sothen (pigiste pour le GQ américain, Slate.fr ou Mediapart) qui semble avoir été écrite pour coller à l’angle inspiré de la Ligue des gentlemen extraordinaires (qui sont des gens qui se cachent plus qu’ils ne s’affichent dans Technikart).
- Etre pigiste ça ressemble davantage à ça
Un tweet, parmi beaucoup d’autres, du compte twitter @LePigiste qui relaie les plus belles énormités du métier (et signalé par Elixie.) Voir aussi l’excellent groupe Facebook Fuck la pige sur Facebook, qui énumère les difficultés de la vie de pigiste:
- Parce que les seuls gens qui répondent à tes emails, ce sont les attachés de presse.
- Parce que tu as toujours la trouille quand tu pars en vacances qu’on t’appelle pour un truc très important que tu vas rater ; peur aussi qu’on ne t’appelle plus parce que cette fois là, tu n’étais “pas dispo”.
- Parce que quand tu prends le métro aux heures des gens qui ne bossent pas (11 heures, 16 heures), tu te surprends à envier les femmes au foyer avec enfant assises en face de toi. Elles ont l’air tranquille.
- Parce que tu passes tes journées à écrire des mails sympa et bourrés d’enthousiasme, alors que personne ne te répond.
- Parce que tu as l’impression de déranger tes potes qui ont un job quand tu les appelles en pleine journée.
- Et lorsqu’ils te disent, “je te laisse, j’ai du taf”, tu te dis “La chance”.
- Parce que dès qu’il y a une restriction de budget quelque part, c’est toi qu’on supprime.
Le sujet était bon et je ne crois pas avoir lu de bon papier de fond sur les pigistes (connus ou non) ces derniers temps, à part celui de Marianne2.fr cité plus haut. Si vous en avez je suis preneuse, car celui-ci ne m’a pas plu…
Mise à jour: A voir aussi, cette carte du “Pigistan” créée par Emile Josselin
Un papier signalé par collègue/ami Charles Dufresne (aussi connu sous le pseudo de rocknrobot)



J’ai eu exactement tes deux premières réflexions en le lisant :
1- Encore des journalistes qui parlent des journalistes. N’en ont-ils pas marre de ce nombrilisme?!
2-C’est tellement caricatural que ça en devient un peu ridicule. Et nous, les autres pigistes sont tellement loin de ça!
En 2008, 37,2% des pigistes gagnaient moins de 1.500€ par mois. De 2000 à 2008, le montant brut mensuel moyen est passé de 2.200,94€ à 2.059,25€ toujours pour les pigistes. Ces chiffres sont tirés de l’étude “Photographie de la profession des journalistes”, réalisée par l’Observatoire des métiers de la presse en coopération avec la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes (CCIJP). C’est cela la réalité. Point barre.
Bien sûr je n’ai pas encore la visibilité d’une Lise Pressac ou d’une Léa le jeune mais je souhaitais malgré tout apporter ma contribution à ce débat qui enflamme actuellement Twitter.
Il n’y a pas de pigistes extraordinaires, simplement des journalistes qui tentent de s’extirper des turpitudes du mainstream pour préparer l’alternative. Il faut continuer à se battre comme dirait Morgane Tual !!!!
C’est un ami qui m’a signalé que j’étais citée dans les commentaires d’un article j’ai donc cherché.
Merci Melissa pour le terme de “visibilité” je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire puisqu’elle se limite à ce magnifique microcosme qu’est twitter et que comme beaucoup de pigistes je travaille beaucoup ce mois-ci mais n’ai pour l’instant rien de prévu pour mars.
Un 15 février mars c’est un peu 2013 pour un pigiste.
Tu prends le travail quand il est là et souvent tout arrive en même temps alors que tu préfèrerais que ce soit mieux réparti.
Ah si dans mon agenda en mars quelques jours que je m’accorde pour prendre l’air (sans culpabiliser).
Pour ce qui est de l’article en question il est loin de la réalité, moi qui travaille en télévision (et en radio) le média où on est les mieux payés je pense qu’aucun pigiste ne fait 6 000 euros, 3000 c’est possible en bossant environ 28 jours par mois en horaires décalés (primes), au prix de sa santé.
Le genre d’article exaspérant en effet, autant que les commentaires de ceux qui pensent que les journalistes sont des privilégiés.
Oui nous bénéficions d’un abattement fiscal mais je n’ai aucun mal à l’accepter personnellement quand je vois qu’en échange nous payons le prix de la précarité (incertitude sur le salaire d’un mois à l’autre, difficulté pour louer/acheter un appart…).
Merci pour ce billet Melissa.
Et oui Morgane a raison continuons de nous battre mais après plus de trois ans de piges je sais déjà que je ne supporterai pas ce statut toute ma carrière.
A un moment donné se posera la question de fonder une famille, d’avoir besoin de savoir si les factures seront payées ou non et où nous n’aurons plus à nous préoccuper de notre seule pomme.
J’adore mon métier, j’aime ma vie personnelle aussi.
“Pigistes extraordinaires”, et les autres sont donc terriblement ordinaires. Curieuse dénomination.
Notons toutefois que la pige n’est pas (totalement) un passage obligé, cela dépend aussi des titres dans lesquels il est possible de travailler. Et que la pige peut tout à fait être un choix, hm.
Mais que ce soit “Technikart”, réputé pour payer au lance-pierre ses collaborateurs, qui sorte un tel papier, c’est vraiment très LOL.
Bonjour,
Je me permets de répondre puisque je suis cité plusieurs fois sur ce post.
Tout d’abord, précision : je ne suis pas l’auteur du texte, mais l’un des témoins de l’article en effet. Après quelques réserves, j’ai accepté l’interview de Nicolas S. et suis plutôt content du résultat.
Il me semble que vous reprochez à son enquête exactement ce qui en fait le sel : dire que quelques pigistes s’en sortent envers et contre toutes les pleurnicheries habituelles. Technikart, par ailleurs, a largement consacré ces intellos précaires dans un paquet d’articles déjà. Je trouve plutôt frais d’en prendre le contre-pied.
Je ne suis pas dans le métier depuis 20 ans (depuis 8 ans seulement), mais je ne suis dupe de rien, sur les duretés de ce statut, la précarité ambiante, ce que j’ai d’ailleurs largement exprimé dans mes réponses, reprises ou non dans le texte. Expliquant que mes salaires, réellement supérieurs à la moyenne, se justifient par des semaines à 80 h / semaine (hier, j’ai encore bossé jusqu’à minuit).
Peut-être y a t-il de l’aigreur de voir les choses si mal distribuées. Pour ma part, j’ai le sentiment de ne rien voler à personne, et qu’il me faut une énergie et un sens de la diplomatie monstrueux pour survivre.
Bonne continuation,
G
Merci de répondre. Ce que l’article semble souligner me semble en effet limité à quelques uns qui s’en sortent, contre beaucoup qui essayent de survivre péniblement. Mais l’angle de “pigistes extraordinaires” qui seraient comparables à des super-héros est démenti à la fin du papier même lorsque Marjorie Philibert explique qu’elle ne se trouve pas “extraordinaire” et vous le dites vous-même aussi. L’article semble dire qu’être pigiste c’est fantastique, ce qui peut être vrai, mais très TRES rarement. Je me demande aussi comment la fourchette de 3000 à 6000 euros a été calculée.
Et je ne crois pas dire que vous étiez l’auteur de l’article en question.
J’avais envie de poster un commentaire long comme le bras, et puis finalement, une seule phrase me vient à l’esprit : complètement débile ce papier de Technikart.
Hahahaha ! Je crois que c’est pour ça que j’ADOOOORE Tech.
Complètement débiles, anars de droite, forçant les angles, crevards
qui se la pètent, sans un rond, vieux en plus maintenant, sympas en
fait mais pas toujours, ridicules autant que géniaux, et peut-être
même un peu plus ridicules que géniaux. Putain, vive ce journal
débile et chouette. Hahahahha !! Une groupie.
Il me faut relire l’article à froid, mais dans mon souvenir, à plusieurs reprises, l’auteur nuance et rappelle que ce n’est toujours “extraordinaire” évidemment. il ne faut pas bloquer sur le titre, c’est une accroche, un clin d’oeil à un film, et le texte ne s’empêche pas d’écorner le caractère extraordinaire
La fourchette a été calculée selon les réponses des 5 ou 6 journalistes sollicités, je présume.
Je suis pas du métier (suis vendeur) mais bon, finalement, je comprends finalement pourquoi tout les articles de toute la presse (écrite et web) se ressemblent. Quand on voit que certains bossent pour six magazines, voir plus, pas étonnant au final de voir une baisse de qualité des articles, qui ne finissent plus qu’à ressembler au fameux “point tania” du grand journal, une redite qui passe de mag en mag de sites web en sites web…
Puis voilà quoi, Tecknikart, si au moins le mag était vraiment de qualité, mais là, ça ressemble au final plus à un mauvais poisson d’avril qu’autre chose…
Eh bien, merci Alexander, tu as gagné le Prix du Ronchon 2011 ! La prochaine fois, tu nous diras qu’y a plus de saison par les temps qui courent !
Cela ne me gène pas le moins du monde que l’on me traite de ronchon de l’année, je l’assume clairement. Mais je ne ronchonne pas dans le vide et pas pour rien.
Quand je vois que le papier de Tecknikart résume le métier de pigiste à aller aux events bobo-parigot, être le premier à écrire sur le nouveau buzz de merde à la mode qui sévit sur internet, et dont le but final du métier de pigiste est de gagner beaucoup d’argent et rapidement, au détriment de la qualité des articles, ça pique un peu.
Et la presse papier qui crachait il y à encore quelques années sur la presse numérique, est devenue au final encore plus mauvaise.
Quand je lis “Je travaille plus de 80 heures par semaine, je collabore à une cinquantaine de titres et pourtant il m’arrive de me dire que je suis nul.” je rigole doucement, car ce n’est pas qu’une impression, loin de moi de juger la personne en elle même mais comment peut oser prétendre écrire des articles de qualité alors que cela ressemble plus à de l’écriture façon fast food…
Il y à une époque (pas si lointaine vu que je n’ai que 30ans) ou la presse était une chose de qualité, il est impossible de le dire actuellement, surtout quand celle ci n’est plus qu’un ramassis de bullshit sur bullshit.
Il suffit de voir ce qu’il se passe au niveau de la presse ciné, ou certains écrivent sur un film soit sans l’avoir vu ou en l’ayant vu en screener car aucune projo presse n’a été encore faite, ça fait doucement rire, cette course à qui donnera l’article le premier montre simplement une chose, que l’on favorise maintenant la quantité à la qualité.
Alors oui je ronchonne, mais pour de bonnes raisons…
Mais non, cher Alexander. Ce que tu dis là, les mecs de Charlie Hebdo le disaient déjà de la presse de Lazareff (France-Soir de la soi-disant “belle époque”) et de “Jour de France” ou du “Parisien Libéré”, l’ancêtre du Parisien qui était un torchon d’extrême-droite.
Le propre du Ronchon, c’est qu’il croit que la décadence est récente, qu’il la prend de plein fouet. Mais ça fait 4000 ans que les ronchons affrontent la décadence. Ceci dit, sans vouloir t’offenser.
Bonjour Mélissa,
Etant citée je me permets également de répondre. Sur bien des points je rejoins en effet ce que dit Gaël et je pense aussi que l’article renvoie plutôt une image positive de la profession. Que cette image soit partielle et ne s’applique qu’à une minorité, c’est l’angle même du papier, qui est donné dès le départ: le journaliste ne parle pas de l’ensemble des pigistes mais d’une Ligue de journalistes réduite. Dire que le papier est inexact est aussi absurde que de voir un “Zone interdite” sur les call-girls de luxe et de dire que les faits sont faux parce que la majorité tapinent au Bois de Boulogne! Ce n’est pas pour autant qu’on n’a pas le droit de parler des autres…Car tout ce qui est dit dans l’article est vrai, et quant aux montants indiqués, même si pour ma part je me situe plutôt dans la fourchette basse de l’évaluation, il n’ y a qu’à passer un coup de fil aux diverses rédactions citées dans le papier pour savoir qu’on peut y arriver, ce que je trouve d’ailleurs plutôt encourageant pour les gens qui veulent se lancer dans la pige. Quand je dis “Je ne me sens pas extraordinaire”, c’était simplement pour nuancer le constat, ce que l’auteur du papier fait par ailleurs dans des proportions assez larges, notamment dans un encadré. Je pense qu’aucun des pigistes interviewés n’a l’impression d’être Spiderman, et que le papier comporte une certaine dose de second degré, chose qui n’est possible que lorsqu’on prend un angle qui prend le contre-pied du discours habituel, ce qui fait justement tout l’intérêt de Technikart. Quand vous citez John Von Soten disant “Je suis un X-Men envoyé en mission”, je ne pense pas qu’il se prenne pour Wolwerine en se rasant, mais plutôt qu’il n’est pas dépourvu d’un certain sens de l’humour. Alors, oui, la vie est dure, mais on a parfois (un peu) le droit d’en rire non? Partant de là, on peut aussi s’indigner que Ricky Gervais dans The Office ne ressemble pas au patron lambda… Etc. Le journalisme, c’est aussi savoir sortir des clichés pour raconter des choses qui justement, sortent de l’ordinaire.
Bien à vous,
MP
Merci pour la réponse. Dans ce cas là, sa comparaison n’est pas adaptée non plus puisque la “ligue des gentlemen extraordinaires” est un groupe qui évolue dans l’ombre et ne s’affichent pas…
Ancien pigiste dans des revues techniques (et cela a son importance) je confirme qu’il est assez facile d’arriver à des montants confortables à condition de bosser un minimum et c’est vrai parfois accepter des délais “impossibles”.
Il n’y a pas que la presse généraliste !
Cela peut expliquer en partie les “5747 journalistes titulaires de la carte de presse // rémunérés à la pige” même si dans mon cas je n’ai jamais pris la peine de la demander.
Il faut savoir que la principale motivation d’un pigiste qui bosse chez Technikart est le prestige parisiano-parisianiste, qui lui permet d’aborder des femmes dans les soirées en jouant sur la fibre groupie. Pensez, un gars qui a déjà rencontré les Daft Punk et qui tutoient Beigbeder et qui rentre comme ça au Baron, Whouah !
Partant de ce postulat, les tenanciers du journal savent que ce n’est pas la fiche de paie qui motive leur main d’oeuvre.
Un petit article ici où là pour mettre cette main d’oeuvre bon marché sur un piédestal, ça ne mange pas de pain, ça va peut être permettre à un ou l’autre de ces garçons en photo de se chopper une pétasse en soirée, principale monnaie d’échange du canard branché.
Marjorie Philibert > “Dire que le papier est inexact est aussi absurde que de voir un “Zone interdite” sur les call-girls de luxe et de dire que les faits sont faux parce que la majorité tapinent au Bois de Boulogne! ”
l’angle du papier n’est pas inexact, il est indécent et racoleur. la technique est connue. en prétendant se limiter à une poignée de pigistes médiatiques et privilégiés, il donne une image déformée du métier. le parallèle avec zone interdite est intéressant.
Ils ne sont pas “pirvilégiés” ! Ils bossent 80 heures par semaine !
Tu parles : sur les 80 heures combien à manger des petits-fours dans les diners mondains, hein ?
@Francis : j’ai accepté d’écrire pour eux, en fournissant tous les éléments pour être payée. Parce que perso, si publier est bon pour le moral, c’est aussi parce que c’est comme ça que je peux manger. Et je n’ai pas été payée, parce que comme tu dis, ils pensent que c’est carrément cool de bosser pour eux, alors de là à être payé ? Fais chier, parce que j’aime pas les boites, moi.
Si même chez les pigistes, c’est la guerre… Où allons nous ?
Ce qui est vraiment très amusant, c’est que deux des pigistes désignés par Tech’ comme “extraordinaires”, ont travaillé pendant un temps pour le même journal que moi, et n’y travailleront plus, après y avoir l’un et l’autre trahi les termes de la collaboration (revente ou doublon d’un sujet commandé par nous à un mag concurrent, ce genre). Évidemment, si ça leur permet de se faire 6000 euros par mois, on peut considérer que la fin justifie les moyens.
Fieffée diffamation, ça.
Ah ok, je comprends pourquoi on pense que c’est moi Sotho.
Ben salut Sotho, et alors : je me suis retrouvée en première ligne
pour blacklister pour raisons pro deux pigistes mentionnés dans le
pap, avec l’appui de ma rédaction aussi, mais du coup je te dis pas
merci rapport qu’ils pensent que c’est moi, toi. Alors steup,
crache ta valda, tu bosses où et c’est quoi ton nom ? Je m’en
branle un peu mais j’aurais jamais laissé un msg pareil.
Bon, et sinon, Technikart qui interroge ses propres pigistes, ça n’interpelle personne ?
Le problème de cette profession, et je doute que Technikart en parle, ce sont les “multicasquettes”. Les DA/Graphiste/Chef de rubrique/Pigiste/Entrepreneur. Est ce que moi, journaliste en sortie d’école reconnue par la profession, je viendrais sur les terres du graphiste dont c’est le métier de base avec toutes les spécificités qu’il comporte en m’affichant comme tel? Je me pose la question. Mais ce qui est certain, c’est que je ne me prétendrai certainement pas graphiste parce que j’ai photoshop et illustrator sur mon ordi.
Franchement, les chiffres officiels des revenus des pigistes ne veulent rien dire. C’est un secteur qui mélange allègrement les torchons et les serviettes (sachant que je me range bien entendu dans les serviettes…). Une part non négligeable des gens qui grenouillent dans ce métier sont 1/ paresseux, 2/ nunuls, 3/ paresseux ET nunuls.
Je ne dis pas que Darwin a moralement raison, mais si on regarde le marché à froid, le principe de la pige, c’est “travailler plus pour gagner plus”, comme dirait l’autre. Et je ne connais pas de bons pigistes qui ont les poches vides à cause d’un marché récalcitrant – sauf quelques débutants qui se font un réseau… Mais il se trouve que bien des membres de cette engeance sont juste INCAPABLES de travailler plus d’une poignée d’heures par semaine – pas habitués, les loulous !
Dans un monde idéal, ceux-là rejoindraient les rédactions en CDI pour pouvoir buller à leur aise autour de la machine à café. Mais la précarisation avance…
J’ajoute que ce papier de Technikart a juste dix ans d’avance sur l’époque : dans tous les secteurs, la précarité avance, nous, pigistes, sommes juste à la pointe avancée du mouvement. Il y a plein d’inconvénients, c’est sûr, mais réfléchissons à les résoudre plutôt que de pleurnicher sur l’ère révolue du CDI généralisé.
C’est affreusement libéral et cynique ce que tu dis. M’étonnerait pas que tu bosse pour Valeurs Actuelles tiens.
Totalement pas, je suis 100% de gauche. Mais je ne mélange pas le monde tel qu’il est (que je décris ici) et celui qu’il devrait être. La loi de Darwin, je ne fais que la constater.
Par pur opportunisme et parce que c’est quand même au cœur du débat, voilà mon CV (piges, CDD, CDI, ménages, je suis ouvert à toute proposition) : http://www.doyoubuzz.com/david-benard
PS : je crois que j’ai bien fait de ne pas renouveler mon abonnement à Technikart…
Je dois me contenter des extraits cités ou illustrés dans cet article, n’ayant pu lire jusqu’à maintenant l’article en entier. Ce sera donc succint et fait en deux remarques :
- il est très étonnant, dans le choix des noms cités, d’y voir les noms de plusieurs pigistes œuvrant très régulièrement pour Tech. En terme de diversité des témoignages, ça se pose là, d’autant que le journalisme ne se limite pas aux publications généralistes ou culturelles mais recouvre un bien plus grand panel de publications professionnelles, de niche, régionales, etc.
- d’expérience vécue, Technikart a une politique exécrable de paiement de ses pigistes (quand ils le sont) : paiement différés, chèques rejetés, embrouillaminis à n’en plus finir. En presse, peu de titres peuvent ainsi cristalliser autant de témoignages unanimes à leur encontre. Et c’est donc d’autant plus ironique de voir un tel article – traitant d’un sujet de niche – dans ses colonnes. Ironie renforcée par leur couverture, il y a quelques années, des intellos précaires.
Outre la limitation à la presse généraliste, il faut aussi prendre en compte la diversité des secteurs d’activités journalistiques qui ont recours aux pigistes : SR, édition, veille… Plutôt rare d’arriver aux sommes énoncées en pigeant dans ces catégories.
Pour le coup, ce qui n’est pas amusant du tout, c’est cette intervention de Sotho, alias Anna Borrel, chef de la rubrique “psycho” du magazine Grazia qui n’a malheureusement pas le courage de signer ses attaques de son propre nom. Très amusante car en matière de déontologie il semblerait qu’elle n’ait pas de leçons à donner puisque pour ma part et s’agissant du papier commandé en question, son annulation (officiellement pour cause de “doublon”) ne l’a pas empêché de le “déterrer” six mois plus tard (sans doute par manque d’inspiration) et de le republier sans prévenir le rédacteur, tout en se gardant bien de verser le complément, obtenu au prix de multiples relances… Alors, oui, heureusement que tous les chefs de rubrique ne se comportent pas de la sorte car sinon les pigistes auraient du mal à gagner leur vie. On notera quand même que ce genre de poste offre visiblement par contre tout le loisir de s’en prendre sur des forums à des pigistes qui s’ils étaient si malhonnêtes n’écriraient probablement pas pour toute la presse, à l’exception de “Grazia”…Aigreur, quand tu nous tiens….
Ah ben tiens, salut Marjorie. J’ai rien fait sous pseudo,
pas mon genre, meuf. D’ailleurs, j’ai jamais rien fait contre toi,
ni contre personne, et j’ai même abandonné le poste de chef de
rubrique pour éviter ce genre d’emmerdements. On va pas revenir sur
les papiers doublonnés, si ? … Et j’ai toujours tout payé quand
j’étais chef, sans que ça me coute d’ailleurs puisque c’est pas ma
thune mais celle du journal. Je pense que pour le reste, t’as mon
numéro, si tu veux qu’on se pète les dents, je t’attends, à l’heure
que tu veux mais de préférence pas le matin.
Moi ce qui m’a agacée dans ce papier, c’est la vision de Technikart de ce qui fait un journaliste extraordinaire : gagner plein de thunes, se bourrer la gueule à des teufs branchées, écrire sur Chatroulette avant tout le monde… Vision pour le moins réductrice, superficielle, voire cheap du métier. Sans remettre en cause le travail des gens cités dans le papier, je trouve qu’on y parlait peu de journalisme et beaucoup de statut social. Moi je pensais que Technikart avait une vision moins vulgos du métier. Je dois être trop naïve.
+1000, comme on dit.
Rubricard musique chez Technikart depuis environ trois ans, j’ai presque tout entendu sur les conditions de travail et de rémunération. Inutile de se voiler la face, Tech a l’un des taux de renouvellement de pigistes les plus impressionnants de la presse mag, et c’est tout sauf un hasard: à moins d’être “embedded” (comprendre, plus ou moins mensualisé), le parcours du combattant pour se faire payer devient vite décourageant. A deux ou trois reprises, on a du faire de la rétention de papiers pour obtenir nos chèques. Et c’est parce que les sommes sont conséquentes. J’ai une liste longue comme le bras de journalistes ayant abandonné l’espoir de toucher leurs 100, 200 euros.
Malgré ça, certaines signatures sont installées là depuis les premières heures, et un bon pool de pigistes émarge rue de la Roquette depuis plusieurs années. Parce que malgré ses défauts – et ça sonne comme le titre d’un mauvais single – Tech reste un mag qu’on aime. Et c’est pour cette raison qu’il faut pas mettre sous le tapis les problèmes de rémunération.
Sur le fond du papier, j’ai une seule remarque. C’est juste un pur produit Technikart, à appréhender comme tel: un angle défini A PRIORI, auquel le journaliste se cramponne coûte que coûte. Du coup, c’est peut-être le process éditorial que je questionnerais.
Tu veux dire que le journaliste essaye de tenir un angle intenable (une comparaison à un film qui n’a rien à voir), dans un magazine qui ne paye pas ses pigistes et que les rédac chef sont d’accord avec ça et que ça ne te pose aucun problème? Chouette!
Attention, j’aurais pas parlé de rétention (ni même commenté d’ailleurs) si ça ne me posait aucun problème. Je remarque juste que je bosse toujours pour eux, malgré tous les défauts précédemment énoncés. C’est un argument à 90% affectif.
Pour revenir au papier, plus que le traitement, c’est la question de sa légitimité qui me pose problème. Honnêtement, c’est le genre d’articles qui me fatiguent: auto-centré, pas circonstancié et un peu trop sentencieux. Le souci, c’est l’angle, pas le contenu. Alors oui, ça agite – à raison, sûrement – le landerneau, mais ça montre bien que tu peux pas vendre un mag sur ce genre de catch phrases.
Je remarque juste que je bosse toujours pour
eux, malgré tous les défauts précédemment énoncés. C’est un
argument à 90% affectif. >> Nom de
Dieu. Mais est-ce que c’est parce qu’on aime son travail qu’on doit
accepter de ne pas se faire rémunérer, ou de devoir réclamer son
argent comme le dernier des crevards ? Bientôt quoi, bosser à
Technikart sera considéré comme une chance parce qu’il donne de la
visibilité aux pigistes ? Que tu sois attaché au journal, à
l’équipe ou peu importe, je comprends, et vraiment tant mieux, mais
pour le reste, “se faire une raison”, ça nuit aux autres pigistes
et à toi-même. Et si tu bosses pour d’autres canards qui te payent
convenablement, c’est aussi un manque de respect vis-à-vis d’eux.
Tech reste un mag qu’on aime
>> Peut-être que je me trompe, mais il me semble
qu’il se vend à 8000 exemplaires en moyenne. Alors si c’est avéré,
pas sûr qu’on puisse appeler ça de l’amour.
En acceptant le postulat que certains pigistes arrivent à se faire 6000 € par mois en presse écrite (soit), ça n’interpelle personne ce décalage avec le salaire d’un journaliste en poste qui, en gros, démarre au SMIC ? Vers quel modèle se dirige t-on ? Des publications de moins en moins solidaires (si c’est possible), et de plus en plus dépourvues d’identité ? Des journalistes qui préfèrent se faire du blé rapidement, sans filet (oui les protections sociales, le droit du travail, tout ça…) ? Un “marché de la pige” en libre-concurrence sauvage ? Les enfants, Milton Friedman a gagné. Pas certain qu’on puisse en dire autant de l’information.
Qu’on se le dise : les pigistes sont les putes de la profession. Qu’on se sorte de l’ESJ Lille ou de l’IUT de La Rochelle, on est tous confronté aux mêmes problèmes. Je me reconnais pas mal dans la description faite par Tecknikart, ce n’est pas pour cela que je m’en vante. Ecrire des synopsis jusqu’à quatre heures du mat, attendre la réponse d’un rédac chef toute la journée, passer quinze coups de fil dans la journée, passer la nuit suivante à écrire l’article, recontacter les rédacs en disant “je l’ai écrit l’article, bouffez-le”, recevoir un mail twitter-size disant “ça ne nous intéresse pas, bon courage lolilol”, ça vend du rêve à qui? Le gros problème, c’est le cumul des mandats. Des pigistes qui signent dans plusieurs canards, alors que, lors de mon stage à Télérama, on m’a clairement dit : “si tu veux signer dans les colonnes, tu dis adieu aux Inrocks et au Nouvel Obs”. “Ah et la pige est payée 45 euros ? Ah et il fait proposer des sujets six mois avant ?”. Bref, keep the faith. Du coup j’ai été obligé de bosser à Mcdo pour payer mon loyer parisien, et bosser la nuit sur mes articles. Ca n’a rien de glorieux et je ne le souhaite à personne.
On nous laisse pas les moyens de faire nos preuves, alors que la grande majorité des pigistes a le double du talent du premier CDI venu.
“Ouais mais c’est l’époque, faut patienter, t’es jeune” : quedalle. Perso je ne pense pas que cette situation soit inaltérable, et il n’est pas question que je m’en contente.
Merci à la presse spécialisée qui est beaucoup plus compréhensive à cet égard, même si les piges sont payées… au prix de la beauté du geste.
Le problème du papier ce n’est pas tant l’angle (qui est a priori intéressant, et il existe des pigistes qui sortent du lot) que son traitement. Certaines des personnes citées dans le papier ne gagnent certainement pas 3000 à 6000 euros par mois, loin de là. Ca permet aussi de questionner la véracité du reste du papier.
Pour gagner 4.500 euros par mois (le salaire médian d’un “superpigiste” donc), il faudrait écrire 82 feuillets, soit 123.000 signes, par mois (le feuillet est à 55 euros nets chez Technikart). Ramené à une production quotidienne, ça donne 2,7 feuillets/jour. En soit, c’est franchement jouable. Mais faut pas essuyer beaucoup de refus…
‘Ramené à une production quotidienne, ça donne 2,7
feuillets/jour. En soit, c’est franchement jouable.” LOL. 2.7
feuillets/jour = 4050 signes/jour, soit une page entière de
quotidien. Et sinon, tes reportages et tes pitch, tu les fais
quand? À la 25ème heure de ta journée?
Merci Olivier d’apporter un peu d’objectivité au débat. Je rajouterais que pour info, beaucoup de titres de la presse magazine rémunèrent 120 euros brut le feuillet. Car effectivement ce n’est pas Technikart, ni les titres de la presse culturelle en général qui permettent de gagner sa vie!
Pour revenir sur la question des rémunérations. J’ai
tendance à penser que le chiffre présenté dans l’article englobe la
totalité des pigistes, tous médias confondus. Les chiffres évoqués
peuvent sans problème coller avec un pigiste qui bosse
régulièrement (par régulièrement j’entends une vingtaine de jours
par mois) en télé par exemple. En ce qui concerne la presse écrite
seule, je suis beaucoup beaucoup plus sceptique.
20 jours par mois, ce n’est pas régulièrement, c’est carrément du plein temps !
Et 20 piges télé par mois ne font pas 6 000 euros par mois, loin de là !
Question : 6 000 euros bruts ou net ? ça fait toute la différence …
Je dois dire qu’à vous lire, ça a vraiment l’air
extraordinaire d’être pigiste ! haha…
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Très bon article !! j’irai voir l’article de technikart,
pas encore lu !! mais c’est clair que s’ils y dépeignent des
pigistes comme ça, ça ne doit pas être la majorité !
Et sinon les pigistes qui travaillent 80 heures par semaine, ils sont mariés, père ou mère de famille?
J’veux bien devenir une pigiste extraordinaire, moi! Je ne demande que ça : bosser, j’veux bien faire 80 heures/semaine pour ce salaire là! Si c’est pas maintenant qu’on bosse autant, alors ce sera quand? Maintenant que quelques pigistes soient mis en avant plus que d’autres, qu’est-ce que ça change? La vie, c’est comme ça, la France c’est comme ça… Y’en a qui creusent et d’autres pas (je pense que je creuse sévèrement!)…
Je me porte volontaire pour essayer de devenir une pigiste extraordinaire!!!
Tient c’est déjà le 1er avril …
Drôle de voir qu’au fond, les gens ne réagissent que sur une ligne de l’enquête : le salaire.
Ben non, Gaël, relis donc le commentaire de Johanna plus haut.
J’ai parlé du nombre d’heures et du salaire comme j’aurais pu parlé du taf intéressant pour plein de rédac différentes…
Et oui, c’est chaud que Teknikart parle de ses propres pigistes… Le chat qui se mord la queue…
Ah non, ils en profitent aussi pour se dénoncer entre
eux… Technikart a bien réussi son coup! Tout ça me donne un peu
la gerbe de bon matin.
Ce papier de Technik’art est de la pure propagande, Stakhanov n’aurait pas mieux fait :
“regardez mes petits mignons et débileux pigistes, qui léchez amoureusement la main de votre maître (certes on vous la met bien ! mais c’est affectif !), et qui tolérez, de temps en temps, quand c’est nauèle, que votre travail soit rémunéré (enfin, en invitations à des soirées bidon, en bières tièdes dans des gobelets, en vi-si-bi-li-té, etc.), si vous continuez à être bien gentils, bien mignons, à bien la fermer sur nos manoeuvres d’escrocs et d’esclavagistes, peut-être que vous aussi, un jour, vous aurez la CHANCE qu’on montre votre photo dans le journal, et qu’on raconte votre vie dont tout le monde se fout !”
Le voilà l’angle de cet article : pas tant intenable que navrant.
Pingback: La ligue des pigistes extraordinaires / Lyon Piges
moi je pige pour OhMyFood.fr
en auto entrepreneur
150€ brut le papier+itw vidéo (montage basique)
120€ brut le papier seul (+/-3000 signes) avec ou sans photo. Sur le net y’a pire….
Mais pour faire 6000 euros c’est 40 papier+vidéo….
Hello, Ce principe de “ligue des pigistes extraordinaires”
est me semble t-il assez foireux. L’article, dont je n’ai lu que
les extraits, évoque plusieurs fois une fratrie de pigistes hors du
commun, comme s’ils étaient organisés au sein d’un groupe de
pigistes, or c’est totalement faux. Dès le départ, l’angle sent
mauvais. Comme souvent dans Technikart, cette réalité fantasmée
bercera sûrement l’imaginaire de certains lecteurs. Alors oui c’est
divertissant, mais aussi traité de façon un peu bidon. Je trouve
que la démarche de ce blog, par contre, de décortiquer cet article,
est beaucoup plus journalistique est intéressante que le papier
lui-même. Enfin, je confesse avoir déjà proposé des sujets de piges
à Technikart, les journalistes m’ont dit être super intéressés,
m’ont demandé un max de précisions. Ils ne m’ont pas menti, les
sujets les intéressaient tellement que j’ai retrouvé ces articles
dans ce canard branchouille quelque temps plus tard, écrits par des
journalistes en poste. C’est pas comme ça que je vais gagner 8.000
euros par mois. Sinon, sur les pigistes et les journalistes en
général, un bon bouquin sérieux et fouillé: Journalistes précaires,
journalistes au quotidien, d’Alain Accardo.
Indépendamment des questions de salaire et autres, le plus
gênant me semble être le fait que l’auteur du papier interviewe ses
collègues et amis ! N’est-ce pas ce fort peu déontologique
“journalisme des copains” qui tue le métier et discrédite la
profession entière ?
Tout à fait d’accord.
Je viens d’acheter le Technikart en question et de lire
l’article. Quelques exagréations, certes, mais d’une manière
générale, je le trouve drôle, bien écrit, et plutôt motivant. Pour
une fois que le mot “pigiste” n’est pas associé à
“précaire-qui-galère”, ça me fait plaisir. Quant à très bien gagner
sa vie avec ce métier, les pigistes cités dans le papier sont
clairs : ils bossent comme des dingues ! Perso, je préfère bosser
moins (et gagner moins). Mais proportionnellement, je m’en sors
plutôt pas mal finalement. Bref, je ne comprend pas les critiques
qui estiment que cet article ne montre pas la réalité de la pige
parce que ce n’est pas le sujet, le sujet c’est les
pigistes-qui-écrivent-pour-plein-de-titres-et-gagnent-bien. Donc
évidemment, on n’est pas là pour parler de ceux qui galèrent. Non
?
Bah si. Parce qu’en faisant ce genre d’articles, Technikart assume complètement participer à la paupérisation des autres pigistes. Pourquoi pas filer l’intégralité du contenu d’un magazine à un journaliste, payé 15 000 euros, tant qu’on y est ? Bravo aux journalistes qui bossent comme des tarés et gagnent bien leur vie, mais si c’est au détriment de la diversité des plumes, ben c’est moyen-rigolo.
Merci Emmanuelle, on a lu le même article.
@ Tugdual, qui accepte 150 € brut le papier + ITW vidéo : faut aussi savoir dire “non”, c’est mettre de l’huile dans la machine de la paupérisation que d’accepter ce genre de deal. Je l’écris sans ironie, et je sais qu’on a tous besoin de bouffer et de visibilité, mais il y a des limites. Une copine me disait hier qu’un canard qui n’a pas les moyens de payer correctement les gens ne mérite pas de vivre. Couac.
C’est marrant, ce discours vient constamment de gens qui bossent bcp, pour qui les piges pleuvent et donc qui gagnent bien leur vie…
Je me permettrai d’envoyer bouler du taf mal payé quand je gagnerai plus de 2000€ par mois en attendant je fais avancer la paupérisation des pigistes et j’y peux rien parce que si tu dis non, c’est un autre pigiste qui le fait à ta place et tu bouffes pas!!!
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Le principe du “t’as-pas-de-métier-mais-t-inquiète-pas-t’es-trop-hype”, ça me fout un peu la gerbe.
Surtout quand des piges, t’en cherches et que ton objectif de vie, c’est quand même un jour d’arrêter de demander 400 euros par mois à tes parents quatre ans après ton BAC + 6.
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Hello,
pour info, article prémonitoire, car Teknikart est en train de virer tous ces permanent pour passer à des pigistes.
Bon, à mon avis c’est plus une question de fric que de qualité, mais bon …
Je me lance dans la pige.
Je n’ai pas lu l’article de Technikart mais j’ai attentivement regardé tous les commentaires. J’en tire trois conclusions.
1 – Le monde des pigistes est une arène où il est culturellement courtois de s’écharper par messages interposés.
2 – Si la quête de la vérité bien écrite et diffusée n’est pas là pour remplir l’estomac, il faut accepter d’avoir faim.
3- Il vaut mieux chercher à se lancer auprès de la presse spécialisée. Je file donc sur les sites de magasines de chasse et de santé féminine, tant pis pour mes rêves de publication dans Le Monde.
Merci à Offtherecord et Julie.
Ca fait du bien de lire ça, pigiste c’est une liberté mais c’est aussi très dur. Camarades pigistes, on sera toujours là pour vous répondre au tel
(ligue des PR ordinaires)
J’ai travaillé chez technikart, les pigistes étaient payés au lance pierre lorsqu’ils avaient leur chèque en principe ils attendaient 6 mois les plus chanceux, ils sont loin les pigistes de technikart à gagner 1500 Euros en CDI quant au reste je n’ai jamais vu des pigistes qui dépassaient 300 Euros mensuel pour Technikart