J’ai beau travailler dans l’interweb, j’ai toujours développé une obsession inexplicable pour la presse écrite. Je me souviens honteusement du jour où, au cours de mon oral d’admission à l’école de journalisme, j’ai dit “ah bah non, je ne peux pas lire sur un écran, il me faut du papier, alors j’ imprime les articles“. C’était en 2007. Ouais c’est pas si vieux, shame on me.
Je ne pourrais pas expliquer d’où ça vient. J’aime regarder, sentir l’odeur des magazines, comparer la hiérarchie de l’info, lire les papiers de Garriberts (dans Libé), critiquer les nouvelles formules… Passer devant un kiosque lorsque je suis fauchée est un déchirement. Je ne pense pas que ce soit lié à l’ancienneté de ce media car je ne voue pas le même culte aux livres, donc ce n’est pas seulement une histoire de papier. Il suffit en effet qu’un Courrier International arrive à la rédaction et je vais sauter dessus aussi se, même chose pour Paris Match, Vice, Le Monde, Les Inrocks. Mais attention, point de snobisme. Le même phénomène inexplicable se passerait si je voyais So Foot, Télé 2 semaines ou Cheval Magazine. La semaine dernière j’achetais Vogue, spécialement parce que la bête fait 624 pages ce mois-ci (dont environ 300 de pub) à l’occasion de ses 90 ans.
Peut-être est-ce aussi parce que je me dis que c’est une espèce en voie de disparition, (“Entre 2002 et 2007, la diffusion payée du Monde a baissé de 12,3%, celle de Libération de 15,2%”), c’est pas vraiment la fête explique le Ministère de la Culture dans son rapport sur l’état de la presse écrite en 2009. “Le chiffre d’affaires global de l’ensemble de la presse écrite en 2009 s’élève à 9,6 milliards d’euros, un montant en «forte diminution par rapport à celui de l’année précédente (10,6 milliards d’euros)“
bouhouhouhouhou
Pas abattue par cette fragilité, il y a quelques mois je me rendais compte d’une chose étrange. Un mec qui lisait un journal (et non un livre) trouvait grâce à mes yeux. Je les ai pris en photo pour tenter de trouver une explication à cette corrélation entre le niveau de sex appeal et la nature de la publication que l’homme en question avait entre les mains. L’étude (basées sur mes propres rencontres avec des êtres du sexe opposé lisant un journal ou un magazine dans le métro) a montré que les titres qui rendaient les plus sexys étaient: Libé, Le Monde, XXI, Les Inrocks, Causette(!). Un plan de salut pour la presse écrite?
Le Monde: sexy




