The débat des forçats
Forçats, forçates de toutes les batteries, le débat aura bien lieu. Me voilà de retour après quinze jours d’absence (si vous me cherchiez, fallait aller voir mon gazouillis (=Twitter)). Il est maintenant grand temps de faire une annonce plus officielle que les tweets et précédents billets de ce blog à propos de cette grande discussion que nous aurons tous ensemble: le débat des “forçats”. Environ une centaine de personnes provenant de tout plein de rédactions web m’ont envoyé de gentils emails me demandant s’ils pouvaient en être et surtout s’ils pouvaient avoir plus d’informations. Voilà!
When: Le débat aura bien lieu le 23 Juin à 19h (et non pas 19h30 comme prévu initialement).
Where: L’Ecole de journalisme de Sciences Po (117 Boulevard Saint Germain, Paris 6ème, Métro: Odéon ou Mabillon).
Who: Confirmés: Benoît Raphaël (LePost.fr), Pierre Haski (Rue89), Christophe Gueugnau (LeNouvelObs.com) Joël Ronez (Arte.tv), Alexis Delcambre (LeMonde.fr). Johan Hufnagel (Slate.fr), Eric Mettout (L’Express.fr), Philippe Mathon (LePoint.fr).
Pour info: Xavier Ternisien est aux Etats-Unis. Dans la salle: beaucoup de très chouettes journalistes web chez Libé.fr, Marianne2.fr, 20Minutes.fr, Slate.fr, Europe1.fr, Arte.tv, France Télé, LeFigaro.fr, L’Express.fr et plein d’autres que je n’oublie pas.
What: L’idée est de discuter entre journalistes web et apprentis en mine blafarde, la salle aura donc beaucoup la parole. Ceux qui ne seront pas contents, faites attention, Arlette Chabot ne m’a rien appris. (Qui veut être Bayrou?) Il ne sera pas question de débattre de l’article de Xavier Ternisien sur le sujet (il ne sera pas dans la salle). Ce papier a eu l’avantage de faire émerger une conscience autour de notre métier, c’est donc de cette conscience que nous parlerons, plus que de l’article lui même.
Trois sujets principaux:
1. Le statut du journaliste web. Les journalistes spécifiquement dédiés au web existent depuis deux ans, enfin c’est ce que certains d’entre nous pensent. Au moment de la présidentielle en 2007, les fonctionnalités du web (vidéo et sons embeddés) ont en effet été utilisées et pensées différemment. Quel est donc ce métier dont tous les journalistes ne connaissent pas encore les spécificités? Et quel est le statut des journalistes web dans les rédactions et les groupes médias (effectifs, salaires, difficultés à communiquer entre rédactions papier et web…)?
2. Ce qui nous amènera… à l’état de l’info en ligne. Comment en faire et mieux? (Comment écrit-on pour le web? Sais-t-on vraiment créer un contenu multimédia interactif?) Quels sont les moyens pour les produire? Pourquoi internet et multimédia sont parfois indifférenciés dans certaines rédactions? (Entendu un jour: “Faire du multimédia, c’est mettre des liens et des commentaires”Hum, non!). On ne peut naturellement pas parler avenir sans poser la question du modèle économique. Nous ne nous étendrons pas là dessus, car nous ne pouvons pas prétendre trouver un solution en deux heures.
3. Et enfin La formation au métier de journaliste web. Car oui il semblerait que ça en soit un!
Après avoir discuté sur ce blog et avec des étudiants en journalisme de toutes écoles confondues (reconnues ou pas). Toujours le même constat: Le web, les directeurs d’école de journalisme savent que ça se développe, mais en gros, presse écrite, radio et télé restent les trois “grandes” spécialisations. Ne parlons même pas de former les étudiants à des éléments basiques de programmation, car là, les directeurs d’école s’étouffent.
Why: Parce que j’ai déjà envie d’écrire trois posts sur ce sujet et que le débat commence déjà dans mon cerveau. Mais comme je ne veux pas gâcher le suuuspeeeens immense et haletant qui tourne autour de cette grande discussion, je vous invite à m’envoyer un gentil email (melissa’point’bounoua’at’gmail’point’com) pour me dire si vous souhaitez être invité. Car oui malheureusement le nombre de places commence à être LIMITÉ et si votre nom n’est pas sur la liste, j’ai bien peur qu’on ne puisse pas vous laisser entrer. On ne vous jugera pas sur votre mine blafarde, n’ayez crainte! C’est juste une question de sécurité, sinon ça aurait été open bar mais bon, ce n’est pas envisageable. Dites m’en aussi un peu plus sur vous . (Les “yo je suis intéressé”, c’est pas trop possible, sorry.)
For your information: Le débat sera livetweeté, et blogué (ici et là).
Remerciements à une douzaine de jeunes journalistes que je prendrai soin de vous présenter mardi prochain et qui m’ont aidé à penser la chose. Et aux rédacteurs en chef et journalistes qui se réuniront dans une même salle pour parler ensemble en oubliant leurs écrans deux secondes.
Special thanks to Aude Baron sans qui ce débat n’aurait jamais eu lieu.

Pour info, c\’est la raison pour laquelle nous ouvrons (le concours est clos) une L3 Pro \”journaliste numérique\” en septembre 2009 à l\’UPV-M (Université Paul Verlaine Metz) :
http://www.journalistiques.fr/post/2009/05/20/La-faculte-de-Metz-cree-un-licence-de-rich-media-journalistique
http://www.apoplus2.univ-metz.fr/web/uploads/3FJOMEN231.pdf
http://www.univ-metz.fr/UPV-M/Droite/Menu-transversal/informez-vous/metzuniversit/Metzuniversit-15/Formation-professionnelle/Journalisme-l-cole-de-la-polyvalence
Petit commentaire incident : “Les journalistes spécifiquement dédiés au web existent depuis deux ans, enfin c’est ce que certains d’entre nous pensent.”
En réalité, les premières demandes de cartes de presse pour des journalistes travaillant spécifiquement sur le web, pour des publications uniquement web, remontent au milieu des années 1990.
C’est finalement dans sa décision du 14 mai 1998, que la Commission de la carte fixera sa définition du journalisme web et les critères à retenir (dont la mis en application ne sera d’ailleurs pas toujours facile, ni toujours satisfaisante, par exemple dans le cas du Journal du Net).
L’histoire du journalisme web professionnel est un peu plus ancienne, déjà, que vous ne semblez le penser.
Et les problèmes rencontrés par les “forçats de l’info” ne date nullement d’aujourd’hui non plus : il sont fort bien mis en évidence par le travail universitaire du sociologue Yannick Estienne (Le journalisme après internet) publié en 2007.
Les questions de statut, de reconnaissance professionnelle par les pairs, voire de légitimité, et de conditions de travail, ne sont nullement nouvelles, mais précisément liée au journalisme web depuis sa naissance, il y a maintenant bientôt quinze ans.
Ce qui est intéressant dans le récent débat ouvert par l’article de Ternisien, c’est que ce débat réapparaisse aujourd’hui dans les mêmes termes qu’avant (et sans aucune information particulièrement nouvelle apportées à la discussion), mais qu’il apparaisse pourtant comme nouveau…
narvic a bien sûr raison, l’article de ternisien a fait repartir un débat qui existe depuis une quinzaine d’années sans effectivement évoluer bcp. Dans les rédactions, au sein des instances syndicales surtout (grille des salaires etc sont des pb traités par les syndicats de journalistes). Il aurait été d’ailleurs judicieux de faire venir des représentants syndicaux et pas seulement des red chefs qui ne tiennent pas en général à voir ces pb abordés au grand jour….
Difficile de passer après Narvic…
Ceci dit je reste toujours autant étonné par le nombrilisme de ce débat. Les jeunes, stagiaires à répétition sous-payé, hyperconnectés, coincés devant l’ordinateur, qui font trop trop vite, la querelle des anciens blasés et dépassés mais qui connaissent le job contre les p’tits mômes qui n’y comprennent rien et n’ont aucun respect pour les anciens, ce n’est pas réservé aux seuls métiers du journalisme.
Regardons du côté des ingénieurs, du marketing, du contrôle de gestion, de la banque et de l’audit, par exemple : le constat sera le même.
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J’abonde dans le sens de Narvic et de Martine S…
J’ai commencé à travailler (comme journaliste web ET papier), la question des méthodes de travail, de reconnaissance, de complémentarité par rapport au print, du travail des journalistes papier sur le web… étaient déjà des sujets-clés dès 2000.
Mais il est vrai que l’on en a bcp parlé en 2000/2002, lorsque, en pleine bulle Internet, les quotidiens nationaux développaient leur portail Web, et des équipes dédiées. Et que les premiers pure players du Web (01net, ZDNet) se développaient.
se posait aussi la question du modèle éco (gratuit ou payant ?), presque dans les mêmes termes qu’aujourd’hui – cf le propriétaire de l’Express.fr qui évoquait en début d’année l’éventualité de développer des contenus “premium” en accès payant.
Cela dit, il est vrai que le papier de Ternisien a remis au goût du jour ces questions, dans un contexte éco tendu (bien plus qu’en 2000/2003), bcp de titres de presse étant aujourd’hui déficitaires…