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Monthly Archives: June 2009

On arrête de dire, de prononcer le mot forçats. Fini, stop, personne n’en peut plus (et pas seulement Eric Mettout de l’Express.fr). Le mot a perdu son sens véritable. Et ayons un peu de respect pour eux, quand même.

L’article “Les forçats de l’info” signé Xavier Ternisien a été publié dans Le Monde, il y a tout juste un mois. Un mois qu’on discute et surtout qu’on se rencontre (au delà de Twitter j’entends, dans la vraie vie vous savez) pour parler journalisme de demain. Ca en saoûle beaucoup qu’on parle aussi (trop) sur le web, et je les comprends bien. Mais, ce sont les discussions et ces rencontres dans la vraie vie qui me semblent intéressantes et qui m’importent.

Il y a eu le “café des OS” (bien arrosé et très sympathoche) qui a permis aux djeuns de se dire bonjour et de parler de conditions de travail. C’était le jeudi 18 Juin. Il y a eu ce débat que j’ai organisé, très court, le mardi 23 Juin (en plein remaniement du gouvernement), qui a soulevé pas mal de problèmes, notamment sur la formation au journalisme web qui, selon Benoit Raphaël (Le Post.fr), Joël Ronez (Arte.tv) et Johan Hufnagel (Slate.fr) ne dépendrait plus des écoles mais de l’implication des étudiants en journalisme sur internet. A noter: l’université Paul Verlaine de Metz lance cette année une formation aux “rich media” qui porte spécifiquement sur l’information destinée au web.

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Benoît Raphaël, Eric Mettout, Johan Hufnagel, Joël Ronez, Emmanuel Parody, Pierre Haski, Laurent Mauriac et Sophie Dufau //Photo: Aude Baron

(Ecoutez l’intégralité du débat dans le dossier sur les journalistes web signé Eric Chaverou sur le site de France Culture).

Et il y a eu un débat organisé lundi soir par “ça presse” à l’EMI-CFD auquel j’ai assisté et que j’ai liveblogué sur Twitter (grâce à l’aide précieuse de Steven Jambot, à Toulouse, qui tweetait mes SMS old school, puisque je n’avais ni Blackberry, ni Iphone… pas de soussous pour ça -merci à Joseph Melin, photographe, d’avoir immortalisé ma pauvre geekitude à tendance fail).

Maintenant on sait surtout qu’on doit changer, et surtout qu’on doit arrêter de se regarder pourrir. Qu’on se présente plutôt comme des passionnés que comme des f…(j’ai dis que je ne dirai plus ce mot). Tous ces gens qui déplorent des conditions précaires, en parlent maintenant de vive voix: les journalistes web qui sont sous-payés dans certaines rédactions de sites d’infos (on appris qu’un journaliste de 20minutes.fr est payé 1800 euros brut par mois, c’est aussi le cas sur d’autres sites). Mais pas seulement eux, il y aussi les pigistes, les journalistes de PQR, qui assurent des locales entières, seuls, et des stagiaires diplômés qui assurent des postes de journalistes titulaires…

Il ne faut pas parler seulement du web, ce serait réduire la discussion à une seule catégorie de journalistes.

Lors du dernier débat lundi soir à l’EMI-CFD, où Eric Mettout, Xavier Ternisien, et Julien Ménielle, de 20minutes.fr, étaient réunis à la “tribune”, Pierre Haski, rédacteur en chef de Rue89, dans la salle, précisait que “60% des français ne font plus confiance aux journalistes” (sondage La Croix/Logica), Jean-Marie Charon, sociologue des médias, là aussi, soulignait que “les grandes rédactions avec beaucoup de journalistes coûtent très cher” et diminuent donc les effectifs, dans les chaînes télé, à la radio, dans les quotidiens comme sur le web.

Résumons: Statuts parfois précaires, réductions d’effectifs…dans un contexte économique franchement pas simple, pour des médias qui rament parfois à trouver ou à sauver un modèle économique. Pourtant, chaque année, des centaines d’étudiants en journalisme sortent d’écoles avec des étoiles dans les yeux. Pourquoi?

On est des passionnés je vous dis. Si tous les journalistes acceptent à un moment de leur carrière (ou tout du long) d’être précaires, de multiplier les stages ou d’être mal payés, c’est parce qu’ils aiment ça. Alors bougeons nous le cul pour nous faire aimer de nos lecteurs qu’ils retrouvent confiance en nous. Qu’ils aiment venir nous voir et qu’on trouve un moyen de survivre grâce à ça.

Plutôt que de pleurer sur notre sort, ce qui est une étape nécessaire, employons nous à revaloriser, réevaluer et même changer notre métier aux yeux de tous et pas seulement entre nous.

On fait comment? Read More

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De gauche à droite: Benoît Raphaël, Eric Mettout, Johan Hufnagel, Joel Ronez, Emmanuel Parody, Pierre Haski, Laurent Mauriac et Sophie Dufau

(Photo via l’Iphone de Yann Guegan)

J’aime dormir la nuit, vous n’aurez donc le compte rendu (version longue) de ce débat que vendredi. En attendant pour revivre le débat live, je vous invite à aller lire le Twitter #forçats alimentés par tous les gens présents lors de la réunion. Avec mon micro et mes feuilles, je n’avais rien vu de tout ce qui disait en gazouillis.

Ensuite, les premières réactions commencent à être publiées:

-Eric Mettout, rédacteur en chef de L’Express.fr, veut “en finir avec les forçats, et revenir aux sources

-Martine Silber, ancienne du Monde (papier) apporte aussi son point de vue: “Presse: forçats et négriers, mode d’emplois

J’y reviendrai plus longuement, j’ai encore plein de choses à dire, plein de choses ont été dites… C’est pour cette raison que je pense qu’on en a pas fini avec le sujet.

En attendant, je vous remercie tous, ceux qui se sont déplacés, qui ont discuté, cette rencontre était une première étape, il y en aura d’autres. C’était, selon moi, un bon moyen de prendre acte, de se dire que les choses changent et qu’on ne regarde pas ça en spectateurs passifs.

Bref j’arrête, le reste très bientôt.  A très vite.

Forçats, forçates de toutes les batteries, le débat aura bien lieu. Me voilà de retour après quinze jours d’absence (si vous me cherchiez, fallait aller voir mon gazouillis (=Twitter)). Il est maintenant grand temps de faire une annonce plus officielle que les tweets et précédents billets de ce blog à propos de cette grande discussion que nous aurons tous ensemble: le débat des “forçats”. Environ une centaine de personnes provenant de tout plein de rédactions web m’ont envoyé de gentils emails me demandant s’ils pouvaient en être et surtout s’ils pouvaient avoir plus d’informations.  Voilà!

When: Le débat aura bien lieu le 23 Juin à 19h (et non pas 19h30 comme prévu initialement).

Where: L’Ecole de journalisme de Sciences Po (117 Boulevard Saint Germain, Paris 6ème, Métro: Odéon ou Mabillon).

Who: Confirmés: Benoît Raphaël (LePost.fr), Pierre Haski (Rue89), Christophe Gueugnau (LeNouvelObs.com) Joël Ronez (Arte.tv), Alexis Delcambre (LeMonde.fr).  Johan Hufnagel (Slate.fr), Eric Mettout (L’Express.fr), Philippe Mathon (LePoint.fr).

Pour info: Xavier Ternisien est aux Etats-Unis. Dans la salle: beaucoup de très chouettes journalistes web chez Libé.fr, Marianne2.fr, 20Minutes.fr, Slate.fr, Europe1.fr, Arte.tv, France Télé, LeFigaro.fr, L’Express.fr et plein d’autres que je n’oublie pas.

What: L’idée est de discuter entre journalistes web et apprentis en mine blafarde, la salle aura donc beaucoup la parole. Ceux qui ne seront pas contents, faites attention, Arlette Chabot ne m’a rien appris. (Qui veut être Bayrou?) Il ne sera pas question de débattre de l’article de Xavier Ternisien sur le sujet (il ne sera pas dans la salle). Ce papier a eu l’avantage de faire émerger une conscience autour de notre métier, c’est  donc de cette conscience que nous parlerons, plus que de l’article lui même.

Trois sujets principaux:

1. Le statut du journaliste web. Les journalistes spécifiquement dédiés au web existent depuis deux ans, enfin c’est ce que certains d’entre nous pensent. Au moment de la présidentielle en 2007, les fonctionnalités du web (vidéo et sons embeddés) ont en effet été utilisées et pensées différemment. Quel est donc ce métier dont tous les journalistes ne connaissent pas encore les spécificités? Et quel est le statut des journalistes web dans les rédactions et les groupes médias (effectifs, salaires, difficultés à communiquer entre rédactions papier et web…)?

2. Ce qui nous amènera… à l’état de l’info en ligne. Comment en faire et mieux? (Comment écrit-on pour le web? Sais-t-on vraiment créer un contenu multimédia interactif?) Quels sont les moyens pour les produire? Pourquoi internet et multimédia sont parfois indifférenciés dans certaines rédactions? (Entendu un jour: “Faire du multimédia, c’est mettre des liens et des commentaires”Hum, non!). On ne peut naturellement pas parler avenir sans poser la question du modèle économique. Nous ne nous étendrons pas là dessus, car nous ne pouvons pas prétendre trouver un solution en deux heures.

3. Et enfin La formation au métier de journaliste web. Car oui il semblerait que ça en soit un!

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