Misspress

Vous voulez faire quoi en journalisme? Moi: du multimédia!

May 11, 2009 · 22 Comments

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Comme tous les dimanches, la newsletter de Monday note arrive dans ma boîte mail. Monday note, c’est un site/blog sur les médias écrit par Frédéric Filloux, un de mes anciens profs de journalisme à Sciences Po. Cette semaine mon petit coeur en a pris un coup à la lecture de l’article sur les nouvelles formes de récits journalistiques. Frédéric Filloux, qui dirige une division internationale du groupe norvégien de média Schibsted, introduit  cette semaine son article en analysant le manque de connaissance des élèves du master journalisme de Sciences Po en multimédia. AH!

Last Thursday, I presented a series of great news related multimedia productions before a group of students of the Sciences Politiques School of Journalism where I happen to have a small gig.  I was curious to see their reactions. Too often, journalism students are mostly interested in the pursuit of a “voie royale”. This is especially true of those following a high-end academic path such as “Sciences Po”; they yearn to write for big newspapers, especially on noble beats such as foreign policy and politics. Fine. Grand ambitions are healthy.
Last year, as I was coaching another group on the handling of daily editorial meetings for a fictitious newspaper, I started to worry. In the real world, their editorial output would have been boring, un-commercial. Many in that group of students found me of the utmost vulgarity as I discouraged front-page stories covering elections in Zimbabwe, for example.

Si vous avez bien tout compris, l’année dernière lors de nos fausses de conf’ de rédac du matin avec Mister Filloux, on proposait des sujets faits et refaits, et Frédéric Filloux s’en faisait beaucoup pour mes camarades et moi et nos ambitions de travailler pour des “grands journaux”. Il avait bien RAISON. On ne proposait rien de neuf.

Et encore moins sous des formes innovantes. Un jour la rédactrice en chef adjointe du Monde.fr nous a bien parlé de “mash-up” mais la moitié de la classe a fait une grimace d’incompréhension (moi comprise!). Il y avait bien aussi ces neuf heures de cours avec Francis Pisani sans lesquelles je n’aurais jamais été sur Twitter, Friendfeed, Linkedin, et Netvibes. C’est un fait et Frédéric Filloux a raison, les formations aux nouvelles narrations multimédia manquent cruellement dans les écoles de journalisme. En France en tout cas.

A l’automne dernier, j’étais en échange dans une école de journalisme aux Etats-Unis et c’est là j’ai appris ce qu‘était VERITABLEMENT le multimédia. Six mois de HTML, de FLASH pour créer mon site (attention c’est un pas le New York times…loin loin de là!!!!). On m’a appris à me servir de Dreamweaver, à savoir ce que c’était qu’un CSS et à monter des slideshows sous Soundslide. Et là… je laisse encore la parole à Filloux parce que ce n’est pas à Sciences Po que j’aurais appris tout ça.

I realized how unprepared they were to get into an authoring, technical and creative domain that might engulf a large part of their professional future. Journalism schools underplay an important part of the training of aspiring journalists: the development of technical skills. To most grown-up news people, drilling into arcane science of Flash or of other web production tools is as inappropriate as talking about editorial marketing

Je vais être sévère, je pense qu’il n’y a pas que dans les écoles que ça ne va pas. En France, quand les rédactions pensent faire du multimédia, elles mettent en avant une vidéo ou un son d’illustration liés à un article publié sur le site ou dans la version papier. Au mieux une animation Flash (mais ça n’arrive que très rarement dans peu de rédaction, une à deux fois par mois). Beaucoup de sites n’ont pas de programmeurs et les contenus “multimédia” restent trop souvent lié à un article écrit! Pire,  j’ai entendu que le multimédia c’était juste publier sur le web, ou encore que c’était “les commentaires des articles” (ahhhhhhhhhhhhh!).

Selon moi (et je ne prétends pas être experte), le multimédia c’est créer de toute pièce un concept pensé avec plusieurs médias en oubliant le texte, quelque chose d’intéractif et pas seulement d’illustratif. Les exemple donnés par F. Filloux sont assez représentatifs de ce que je pense être du multimédia: la série sur les new yorkais , Choosing a president, ou Anticipation on a City block tous dans the New York times, mais je donnerais aussi l’exemple de MediaStorm dont les projets mixants sons, videos et photos représentent ce qui se fait en ce moment aux Etats-Unis.

Autre gros problème, il n’y pas vraiment de site en France (corrigez moi si je me trompe) qui prétende faire de l’info uniquement dans des formats multimédia sans se baser sur du texte. Les sites des grands journaux n’ont pas de boîte de production avec lesquelles s’associer (comme c’est le cas entre MediaStorm et le Washington Post). Le multimedia ne trouve parfois même pas acheteur prouvant ainsi à quel nous sommes en retard…

Si les rédactions américaines sont plus en avance que nous c’est surtout parce qu’elles engagent des journalistes programmeurs.

Des gens qui ne pensent pas seulement à la formulation de leur phrases, mais qui savent aussi se servir de Flash. Etre journaliste et connaître davantage que les bases du code HTML devrait maintenant être obligatoire. Ne serait ce que pour sauver les rédactions. L’été dernier en demandant des conseils à Francis Pisani c’est aussi cette voie là qu’il m’avait conseillé de suivre…me donnant l’exemple d’Adrian Holovaty, le fondateur de Everyblock, un site qui fournit les infos classées par quartiers de grandes villes américaines, un agrégateur géographique en quelque sorte. Alors, à quand une école de journalisme qui ose former des journalistes programmeurs? Les intéressés, prenez l’avion pour les Etats-Unis.

A voir: les projets multimédia de l’école de journalisme de Columbia, NY: j’en rêve la nuit!

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A lire aussi, cet article sur le rôle du design sur les sites d’information:  Is Information Vizualisation the Next Frontier for Design?

PS: si j’avais été futée (et courageuse) je vous aurais fait une présentation multimédia pour vous démontrer ma théorie…un peu de vidéo (face cam’), des screenshot, des interviews avec Pisani et Filloux enregistrée par téléphone et du flash en veux tu en voilà.

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22 responses so far ↓

  • Natacha Quester-Séméon // May 11, 2009 at 1:00 pm | Reply

    J’ai remarqué lors d’une conf jeudi dernier (“nouveaux médias, nouveaux leaders”) à sciences po que les étudiants n’ont pas posé de questions sur les nouveaux métiers.
    Voir ici : http://www.memoirevive.tv/blog/sciencespo-nouveaux-medias/ (où nous avons twitté et qikké comme d’habitude).

  • Johan Hufnagel // May 11, 2009 at 1:21 pm | Reply

    Je suis globalement d’accord avec FFx. Il me semble que l’enjeu du «multimédia» n’est pas d’avoir des jolies fenetres en flash que personne ne trouve, avec un beau récit toujours linéaire. C’est en effet très beau, mais cela ne s’inscrit pas forcément dans le web et se porte assez peu au mashups et au remix. Il nous faut des journalistes capables d’avoir des idées pour récupérer des contenus sous toutes ses formes pour créer du «récit». A ce titre, les APIs du NYTimes sont des exemples formidables. Vouloir trouver des journalistes capables de coder, c’est bien, des développeurs capables de faire du journalisme, c’est extra. Mais c’est pas simple à trouver. Quant à les former… ;-)

    • melissabounoua // May 11, 2009 at 2:56 pm | Reply

      Bien d’accord, c’est pour ça qu’il ne faut pas seulement que les rédactions aient des programmateurs d’un côté et les journalistes de l’autre. Johan je vous fait confiance pour en parler avec notre chère direction à l’Ecole de journalisme. Une spécialité journaliste programmeur nous donnerait beaucoup d’avance sur le marché du travail…et sortirait certains d’entre nous de nos envies de travailler pour des “big newspapers” dans des “noble beats” dont parle Filloux et que nos prédecesseurs enviaient déjà il y a vingt ans.
      Le NYT réussit bien justement parce que le service multimédia comprend des développeurs journalistes et des journalistes développeurs.

      • Johan Hufnagel // May 11, 2009 at 5:13 pm

        Je ne suis pas sûr justement qu’on puisse trouver des bons développeurs bons journalistes et des bons journalistes bons développeurs. Je pense qu’on doit arriver à ce que les journalistes en apprennent assez pour connaître les besoins d’un dev et que les développeurs fassent le chemin inverse. L’idée d’offrir des cours gratos à des informaticiens est une idée à retenir. Sauf que le jour où les journaux pourront se payer des informaticiens au tarif informaticien de talent, ils seront dans une autre forme qu’aujourd’hui.
        Enfin pour parler Multimédia, je pense que ça
        http://vice.typepad.com/vice_france/2009/05/japon-lile-pourrissante-du-cuirasse.html
        c’est peut être mieux qu’un mediastorm, parce que c’est trouvable et remixable…
        Mais on peut en parler de vive voix à l’école un de ces quatre si tu veux.

    • Gilles BRUNO // May 11, 2009 at 11:38 pm | Reply

      quant à les former… :-)
      je me souviens avoir fait venir le patron de Macromedia France aux Editions Electroniques de Libération… puis avoir insisté pour que tout le monde aille en formation Flash.
      Cela me semblait important. Non pas que tout le monde devait se mettre à en faire, mais d’ouvrir les portes, au moins.
      Le seul “bon” souvenir que j’ai eu de la juste utilisation de Flash à Libération a été le passage de Kim, qui savait manier l’outil avec les bases de données.
      L’informatique doit s’investir encore plus, pour pouvoir, aussi, comme tu dis, proposer des API.
      Il y a encore du chemin à faire, dans tous les sens.

  • Monsieur Kaplan // May 11, 2009 at 1:50 pm | Reply

    Très bon article, très pertinent, et écrit avec ce ton direct qui me plaît beaucoup, depuis que j’ai découvert ce blog (récemment, via Twitter).

    Une remarque, cependant : penser le multimédia ne conduit pas forcément à écarter le texte. Le texte est un medium comme les autres. Il faut savoir en user intelligemment.
    Le texte a un énorme avantage : on sait tout de suite combien de temps il va nous prendre, pour le lire. Ce qui n’est pas le cas du son ou de l’image animée (vidéo), qui prennent, en outre, généralement beaucoup de temps à l’internaute.

    Souvent, d’ailleurs, quand je lis un article qui alterne paragraphes de textes, lecteurs de sons et/ou lecteurs de vidéo, je zappe les sons et la vidéo, je ne lis que le texte.

    Les technologies, c’est bien. Savoir les intégrer à l’information et aussi au processus de lecture de l’utilisateur de cette information, c’est beaucoup mieux, et même essentiel !

    • melissabounoua // May 11, 2009 at 2:46 pm | Reply

      Tout à fait d’accord avec le fait qu’il ne faille pas à tout prix mettre le texte de côté. C’est un medium comme les autres en effet, mais il est trop utilisé comme base du contenu, et comme je parlais de formes innovantes, je voulais explorer ceux qui le mettait de côté pour explorer de nouveaux formats.
      Vous le dites vous mêmes lorsque les autres medias sont intégrés au texte vous les ignorez. Si les contenus n’étaient que sonores ou videos vous auriez tendance à appuyer sur Play plus facilement. Les sons et vidéos ajoutés en complément du texte sont bien trop souvent illustratifs, c’est pour ça qu’on les ignore, parce qu’on en a pas toujours besoin pour tout comprendre.

  • Jean // May 11, 2009 at 2:12 pm | Reply

    En France, j’ai l’impression que le paysage multimédia se scinde en deux.

    Soit des projets supers léchés, type web-docu Upian, mais qui coûtent une blinde et rencontreront une audience “confidentielle” (eu égard à l’économie du net).

    Soit des projets low-cost jusque dans la maquette, revendiqués “amateur”, affichés participatifs et viraux à 300 %; mais qui souffrent justement d’un manque éditorial derrière pour organiser le contenu récolté. Et leur donner de l’intérêt.

    A mon avis, il y a une voie à trouver entre les deux. Un projet comme the New Hard Times est, je trouve, un bon compromis.

    http://www.nytimes.com/packages/html/national/thenewhardtimes/index.html#/dipalo

    Je souscris également la même réserve que Mr Kaplan. Le texte reste quand même dans bien des cas un outil indispensable. Simplement, cela demande un travail éditorial radical, en “éclatant”au maximum ce texte en modules plus lisibles.

    • melissabounoua // May 11, 2009 at 3:20 pm | Reply

      Le New York Times revient dans la bouche de tout le monde…Il y a bien deux niveaux de réalisation multimedia. Et un bon compromis serait en effet une bonne solution.
      Pour le texte, voir plus haut en réponse à monsieur Kaplan. Je ne veux pas oublier le texte, je pense juste qu’il ne doit pas être omniprésent.

  • Eric Mettout // May 11, 2009 at 2:49 pm | Reply

    Bonjour Mélissa, content de constater que le journalisme du futur a de l’avenir, même en France, même à la sortie de Sciences-Po. Un petit oubli, dans votre parcours multimédiatique: l’interactivité, le participatif, le rôle des internautes, de la blogosphère… que je me permettrai de trouver bien plus novateur et porteur de promesses que la stricte écriture plurimédia. En tous cas, vais me servir de votre blog pour mes prochains cours au… CFJ.

    • melissabounoua // May 11, 2009 at 3:28 pm | Reply

      Ah mais je n’oublie pas l’interactivité, le participatif et le rôle des internautes. Mais cela fait davantage partie du web 2.0. Ce sont des outils qui permettent aux contenus multimédia de buzzer et de s’implanter, mais l’interactivité se distingue de la création multimédia.

  • Stanjourdan // May 11, 2009 at 7:48 pm | Reply

    Je suis en ESC et je constate le même type de probleme. A savoir que jamais nos cours ne nous ont parlé des médias sociaux ou du e-marketing.

    Beaucoup d’étudiants que j’ai pu interroger utilisent google tous les jours, sans savoir même de quoi google gagne tout ses milliars de $ …

    Grave.

  • martine s // May 11, 2009 at 11:46 pm | Reply

    je finis cette semaine un stage de vidéo pour le web à l’emi-cfd, trop court pour rivaliser avec qui que ce soit mais suffisamment passionnant pour donner matière à penser.
    juste en passant, je suis en retraite du Monde, donc avec une certaine expérience de l’écrit.
    Le multimedia c’est indispensable mais il faut savoir construire ce que l’on a à dire, savoir éliminer ce qui dépasse, faciliter la lecture, bref, informer non pas en se faisant plaisir mais en pensant à l’internaute qui peut très vite aller voir ailleurs.

    Je dis cela pour avoir trop souvent laissé tomber en route des machins défilant ou des vidéos, mélangeant un peu de tout, avec des panneaux de texte mal foutus, sans respiration, sans objectif final défini.

    Utilisons le texte, la photo, des animations, la vidéo etc, mais surtout soyons clairs.

    • melissabounoua // May 12, 2009 at 12:02 am | Reply

      Tout à fait d’accord avec vous Martine. Il ne s’agit pas de faire du technique pour faire du technique ou du beau pour du beau. La technique, comme la conceptualisation de ces projets demandent une double compétence: journaliste (pas que de l’écrit) et développeurs. Il y a des rédactions – je ne citerai personne- où les programmeurs ne sont pas à la rédaction même, mais bossent dans des boîtes aux Etats-Unis et travaillent pour différents sites. Hum!

  • martine s // May 12, 2009 at 12:08 am | Reply

    un lien de plus
    http://www.techcrunch.com/2009/05/10/calling-all-coders-journalism-schools-want-you-to-save-the-news-industry/

  • melissabounoua // May 12, 2009 at 12:10 am | Reply

    Merci Martine mais il est déjà dans l’article. “Ne serait ce que pour sauver les rédactions.”

  • martine s // May 12, 2009 at 9:03 am | Reply

    pardon pour le doublon,donc. Cela dit, je crois sincèrement qu’il faut citer ses sources de façon générale et d’autant plus si on est journaliste, donc dire à lire sur techcrunch, comme tu l’as fait d’ailleurs pour les autres citations.
    Quant au reste, il existe bcp de tutoriels par ex pour mettre un minimum de code. Et même si je suis sur le fond totalement d’accord avec toi, on ne peut pas tout apprendre à l’école et les choses évoluant vite, il faut continuer à apprendre tout le temps et tout seul ou avec ses amis, échanger des tuyaux. Donc vive les tutoriels, le bidouillage, le système D…
    Par ailleurs, partir avec un bloc et un crayon et écrire dans la foulée, c’est moins complexe et ça va plus vite, les journaux sont-ils prêts à payer le surcroit de travail que demande le multimedia?

  • C’est quoi le journalisme multimédia? « I was like… you know… // May 17, 2009 at 7:43 pm | Reply

    [...] Mélissa écrit dans son post sur le multimédia qu’elle laisse tout ce qui est interactivité, participatif et rôle des internautes pour un futur post, sur le Web 2.0. Mais je ne pense pas qu’on puisse parler de journalisme multimédia séparément du rôle des internautes, sinon qu’est ce qui différencie le multimédia d’une vidéo qu’on pourrait voir en ligne ou à la télé ? [...]

  • C’est quoi au juste le multimédia??? « I’m a young journalist, What else? // May 18, 2009 at 11:13 am | Reply

    [...] 18, 2009 · No Comments Il y a une semaine j’écrivais un article sur mes envies de bosser sur des projets multimédia. Hier Cécile, une autre étudiante du master des journaleux de Sciences Po, se demande: mais [...]

  • FPM // May 20, 2009 at 3:09 pm | Reply

    Un autre lien qui va dans les sens des interventions précédentes :

    http://bombayfc.com/

    De même que les écoles forment au montage audio, à la prise de vue, aux techniques d’écriture, elles ont besoin de préparer aux outils webs. Mais les compétences sont encore rares (et chères), l’investissement en matériel et logiciels coûteux, et les résistances culturelles sont encore fortes.

  • Interview avec Antonin Sabot, journaliste web : “Non, je ne suis pas un forçat de l’info”! | Décideurs TV // May 29, 2009 at 4:09 pm | Reply

    [...] outils et nouvelles méthodes. “Vous voulez faire quoi en journalisme? Moi, du multimedia ! Le billet de Miss Press : étudiante en journalisme. Le blog, symbole de proximité avec le client Cette semaine sur [...]

  • Rouletabille // June 10, 2009 at 11:04 am | Reply

    Bonjour,
    Je suis journaliste web, pas du tout formée à ça (vive les écoles de journalisme européennes!), et en recherche de sens à mon métier. Ton post m’a donc énormément intéressée. Quelques questions: recommandes-tu des lectures? Quelle est cette école de journalisme où tu es allée aux USA?
    Merci bcp!

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