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Monthly Archives: May 2009

Mise à jour: LE DEBAT AURA LIEU LE 23  Juin à 19h30 à l’école de journalisme de Sciences Po. Pour vous inscrire, c’est ouvert à TOUS. Et envoyez moi un email:melissa (point) bounoua(at) gmail (point) com, afin que je puisse vous donner toutes les informations.

Après publication du billet ci-dessous, des discussions par mail, twitter et téléphones interposés avec plusieurs journalistes, m’est venue l’idée de faire un débat entre journaleux concernés par l’avenir de l’info online.

Et Aude Baron me dit de me lancer alors…voilà!

Au coeur du débat le mot “forçat”, le titre de cet article sur les journalistes web en France. “Forçat”, un terme beaucoup trop réutilisé ces dernières 48 heures qui est censé désigner la nouvelle génération de journalistes web et qui a entraîné des  réactions ici et . Dans toutes les rédactions ça boue… Et comme les blogs, sites d’info et Twitter ne semblent pas toujours suffire pour débattre, je me suis donc demandée pourquoi ne pas en parler de visu (bon, selon Xavier Ternisien, nous avons des sales têtes mais on se supportera bien les uns les autres, hein?).

Tout le monde est invité, mais j’aimerais en particulier que soient présents ceux qui  interrogent l’avenir de l’info en ligne depuis beaucoup plus longtemps que moi:

Johan Hufnagel, un des fondateurs de Slate.fr

Benoit Raphaël, rédacteur en chef du Post.fr--> OK

Eric Mettout, rédacteur en chef de l’Express.fr

Boris Razon, rédacteur en chef du Monde.fr (Alexis Delcambre sera là)

Frédéric Filloux, auteur de la Monday Note, et travaillant pour le groupe média norgégien Schibsted

Joël Ronez, ancien prof au CFJ, et responsable du pôle web d’ARTE –> est OK

Xavier Ternisien, journaliste web au Monde papier(pas.fr comme précédemment écrit ici) et auteur de l’article Les Forçats de l’info –> pas OK

Sylvain Lapoix, journaliste à Marianne2.fr et fondateur de la Djiin, l’association pour le développement du journalisme, de l’information et de l’innovation numérique –>pas à la tribune

Si Francis Pisani pouvait venir de Berkeley ce serait bien aussi mais bon…

Sur ma wishlist aussi: Pierre Haski–> est OK Pascal Riché, Augustin Scalbert (tous les gens de Rue89 –> st OK), Aude Baron (LePost)–>OK, Philippe Couve (RFI), Vincent Glad (ex-20 minutes, nouveau Slate), Alice Antheaume (20 minutes)–>OK, Alexandre Hervaud–>OK (Libé)…En gros tous les journalistes ou apprentis qui ont envie d’en savoir plus… je pense aussi @MarieAmelie –>OK @StevenJambot –>OK @Julia_V –>OK@Tibo –>OK @ChloéWoitier @ivalerio–>OK et plein d’autres que j’oublie malheureusement.
Update: suite de la wishlist @jeanlucr, Alain Joannes @ClementineGallot @monsieurkaplan –> est OK

Chers forçats, forcez vous, oubliez vos différends et discutons. Peut être qu’on pourra même avancer d’un millimètre…Personne n’en sortira satisfait parce que, avouons-le, il nous faudrait plus que ça pour aller plus loin, mais au moins, les cartes seraient posées et les arguments lancés!
Alors chiche?

Il est 2h38 du matin. Ordi ouvert. Gmail, Twitter, Facebook, Tumblr, Friendfeed, Le Monde, et Le NYT…(et le blog de Margaux motin, hum!)

Suis je une forçat de l’information comme ceux que décrit Xavier Ternisien dans un article paru sur LeMonde.fr? Ce journaliste media a interviewé une partie des journalistes et rédacs’ chef des sites d’info français et analyse la nouvelle génération de journalistes online: des forçats ultra connectés.

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Je vous laisse apprécier le choix de la pub associée à l'article

On leur a déjà trouvé un surnom : “Les OS de l’info.” C’est Bernard Poulet qui a lancé la formule dans son livre choc paru en janvier, La Fin des journaux et l’avenir de l’information (Gallimard). On dit aussi “les journalistes “low cost”“, ou encore “les Pakistanais du Web”. “Ils sont alignés devant leurs écrans comme des poulets en batterie”, constate, effaré, un journaliste de L’Express, en évoquant ses confrères du site Web Lexpress.fr.

Internet a accouché d’une nouvelle race de journalistes. Moyenne d’âge : 30 ans. Le teint blafard des geeks, ces passionnés d’ordinateur qui passent leur temps devant l’écran. Ils ont suivi le parcours obligé : stage, contrat de professionnalisation, contrats à durée déterminée (CDD), avant d’espérer un hypothétique contrat à durée indéterminée (CDI). Ils enchaînent les journées de douze heures, les permanences le week-end ou la nuit.

Testons donc l’efficacité de la définition de Mister Ternisien? Moi: pas encore 30 ans mais… teint blafard (ouais), stage (ouais), douze heures (ouais), permanence week end, la nuit (ouais). Est ce que j’en suis alors? Hum comment dire… Eric Mettout et Arnaud Aubron ont beau critiquer cet article en forme de caricature, avouez que vous aussi vous avez des têtes de poux!! (6 jours sur 7 au moins). L’article a le mérite de souligner des conditions précaires dues au manque de considération du journalisme web (stages, CDD, etc..)

Cela dit, la vérité s’arrête là. C’est pas le physique qui compte, c’est ce qu’il y a à l’intérieur… comme dirait l’autre.

Ce ne sont pas les jeunes journalistes web qui sont fatigués, mais la place des sites web d’info français qui va mal. La société des éditeurs du monde interactif a bien raison de répondre à l’article en soulignant des conditions de travail moins favorables sur la version online du quotidien. Il se trouve que nous avons une apprentie de Sciences Po qui bâtonne sa dose de dépêche au Monde.fr à l’heure où je vous parle donc c’est véridique. (Update:  L’apprentie concernée se sent très bien au Monde.fr et ne travaille “qu’avec de l’image” (ce sont ses propos), on m’avait mal informée je m’en excuse!)

Il existe donc une forte précarité, qui nous préoccupe. Autre constat problématique : les salaires sont, à ancienneté égale, inférieurs à ceux qui ont cours au Monde.

Que les sites d’info n’aient pas encore trouvé leur modèle économique, et donc que l’argument de la rentabilité serve de prétexte au manque d’investissements, ok…. mais ne devrait-on pas chercher à investir au lieu de mépriser ses geeks aux yeux défoncés qui font tourner les sites des plus grands quotidiens? Internet est clairement l’avenir. (NA!). Il faudrait juste que dans les rédactions, les anciens journaleux du papier commencent à y croire car c’est précisément ce mépris qui rend les jeunes journalistes blafards!

Au Monde par exemple, LE grand journal français, le mépris, ce n’est pas seulement entre LeMonde et LeMonde.fr mais aussi entre LeMonde.fr et Le Post.fr Les nouveaux contenus online (qui marchent) semblent faire peur. Je ne veux pas que tout soit tout beau tout rose, mais quand les deux générations de journalistes arrêteront de se cracher dessus et penseront innovation, futur et nouvelle formes d’info tous ensemble, on se marrera plus.

Tout comme les sites web ne sont pas le Tiers état de l’information, les jeunes journalistes ne sont pas des esclaves.

Car les djeuns, non seulement ils se couchent tard, mais en plus ils pensent didon. La solution pourrait donc venir de ces forçats de l’info, hein? Comme Sylvain Lapoix, un journaliste de Marianne2.fr qui vient de lancer une très chouette association au nom imprononçable: Djiin, l’association pour le développement du journalisme, de l’information et de l’innovation numérique. Une association qui fera sûrement autre chose que se poser la question rebattue (mais pas tranchée) du journalisme citoyen (blog vs. journaux) et de la viabilité des modèles économiques (pas grand chose à ce jour). Le projet? Read More

Il y a une semaine j’écrivais un article sur mes envies de bosser sur des projets multimédia. Hier Cécile, une autre étudiante du master des journaleux de Sciences Po, se demandait: mais didon,  c’est quoi le multimédia??? Très bonne question (et très bon article!).

Pourquoi les journalistes n’arrivent-ils pas à s’accorder sur la question? Tous semblent en effet avoir une définition différente.

Cécile rapporte les mots de nos professeurs:

Bernard Monasterolo, du Monde.fr, expliquait que pour lui les projets de Mediastorm, qui allient son et images dans des portfolios sonores, sont du multimédia. Boris Razon, aussi du monde.fr n’est pas d’accord, mais alors pas du tout, parce qu’il n’y a aucune interactivité, c’est à dire que tout ce que vous pouvez faire en tant qu’internaute c’est bouger le curseur dans la barre de temps, comme vous le faites pour avancer une vidéo Youtube.

Le mot multimédia implique plusieurs média, right? C’est à dire qu’ un projet qui allierait sons, photos, vidéo et texte, constituerait un projet multimédia. Que l’interactivité soit quelque chose qui va de pair avec le multimédia certes,  mais, selon moi (pas experte hein!) ce n’est PAS LA BASE du multimédia…c’est bien pour ça qu’on utilise un autre mot.

L’interactivité implique un dialogue, une coopération entre un acteur et un autre…un auteur et ses lecteurs/internautes/spectateurs. Par exemple Twitter, la plateforme de micro-blogging, me semble être  interactive mais le contenu -des messages 140 caractères- n’y est pourtant pas multimédia.

Que l’interactivité -et donc la possibilité de naviguer à l’intérieur du récit autrement que de façon linéaire- soit nécessaire, je suis tout à fait d’accord. Que serions nous en effet sans les internautes? Améliorer des projets multimédias pour les rendre plus interactifs permet aux internautes de mieux lire l’information ou en tout cas de la lire différemment en choisissant ce qu’ils souhaitent lire.

L’interactivité est donc, selon moi, complémentaire du contenu multimédia. C’est ce qui donne un avantage au web par rapport à la télévision: l’internaute n’est pas un spectateur passif.

Peut être faudrait-il vraiment préciser la définition du multimédia trop souvent utilisée pour désigner tout ce qui se passe sur le web?

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Bon meufs, gars, j’ai pris une grande décision il y a deux jours: lire SO FOOT. Ouais! Parce qu’autour de moi, je ne sais pas s’il n’y a que des adorateurs du mag en question, mais dans la bouche de tous les mecs: So Foot, c’est trop bien!”

Une amie à moi m’a dit un jour (à propos des mags féminins): “je ne lis pas ce genre de trucs pour nanas,  j’aime pas l’idée qu’on écrive en pensant à mon vagin.Très d’accord. Alors je suis allée tester et dompter la bête du magazine footballistique, je ne risquais rien! Quoique.

Je me rends donc chez mon kiosquier (talons et écharpe rose). Là, il faut que je change de rayon. Oubliez Le Monde, Libé… je vais dans une contrée lointaine… les sports. Entre deux magazines de moto, cheval magazine et les cahiers du football, je le vois là: grand, brillant, bleu blanc noir (les couleurs de l’OM, non?) SO FOOT et euuh…3,50€. Hum, je m’étouffe. Beaucoup plus cher que le mini Glamour à 1,70.

Le kiosquier me regarde d’un air bizarre. J’achète!

J’ouvre.

Page 1. Premier mot: “PARDON! …Faut pas vous excusez les gars! Non, en fait ils parlent de Domenech (entraîneur de l’équipe de France pour les incultes). Ca va je connais, les gens l’aiment pas trop en général. La rédac’ de SO FOOT non plus apparemment: “So Foot demande pardon à la France du foot pour toutes les offenses que Raymond Domenech lui a fait subir.

Page 6. Sommaire en forme de dictionnaire (pas con). Des noms familiers: Berlusconi, Lefebvre, Lily Allen même (en débardeur léger tout de même). D’autres noms beaucoup moins familiers: Dan Huss, Streltsov, Abardonado.

Page 8. BD. De Bouzard (ok passe le nom). Je ris! Le portrait d’un supporter qui ne sait pas pourquoi il continue à regarder les matchs. Il ne peut pas s’empêcher d’y retourner chaque semaine. Mini révélation du pourquoi du comment les gars entrent dans l’addiction du ballon rond.

Page 10. On commence ENFIN à parler “bite”, “fellation” et autre “début d’éréction pour Mimi Mathy” (???). Là je me dis… ça y est ils ont décidé de sortir leur testostérone les dude. Non… c’est le portrait de trois joueurs (aucune idée de qui ils sont) mais les questions ne sont pas relou, limite drôles: “La meilleure vanne qu’on t’ait faite sur ton nom?”, “Quelle est la meilleure revue pour aller aux toilettes?”

Page 12. Encore de la bite, avec une photo en prime. (Z’avez envie de l’acheter là, hein les filles?)

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Comme tous les dimanches, la newsletter de Monday note arrive dans ma boîte mail. Monday note, c’est un site/blog sur les médias écrit par Frédéric Filloux, un de mes anciens profs de journalisme à Sciences Po. Cette semaine mon petit coeur en a pris un coup à la lecture de l’article sur les nouvelles formes de récits journalistiques. Frédéric Filloux, qui dirige une division internationale du groupe norvégien de média Schibsted, introduit  cette semaine son article en analysant le manque de connaissance des élèves du master journalisme de Sciences Po en multimédia. AH!

Last Thursday, I presented a series of great news related multimedia productions before a group of students of the Sciences Politiques School of Journalism where I happen to have a small gig.  I was curious to see their reactions. Too often, journalism students are mostly interested in the pursuit of a “voie royale”. This is especially true of those following a high-end academic path such as “Sciences Po”; they yearn to write for big newspapers, especially on noble beats such as foreign policy and politics. Fine. Grand ambitions are healthy.
Last year, as I was coaching another group on the handling of daily editorial meetings for a fictitious newspaper, I started to worry. In the real world, their editorial output would have been boring, un-commercial. Many in that group of students found me of the utmost vulgarity as I discouraged front-page stories covering elections in Zimbabwe, for example.

Si vous avez bien tout compris, l’année dernière lors de nos fausses de conf’ de rédac du matin avec Mister Filloux, on proposait des sujets faits et refaits, et Frédéric Filloux s’en faisait beaucoup pour mes camarades et moi et nos ambitions de travailler pour des “grands journaux”. Il avait bien RAISON. On ne proposait rien de neuf.

Et encore moins sous des formes innovantes. Un jour la rédactrice en chef adjointe du Monde.fr nous a bien parlé de “mash-up” mais la moitié de la classe a fait une grimace d’incompréhension (moi comprise!). Il y avait bien aussi ces neuf heures de cours avec Francis Pisani sans lesquelles je n’aurais jamais été sur Twitter, Friendfeed, Linkedin, et Netvibes. C’est un fait et Frédéric Filloux a raison, les formations aux nouvelles narrations multimédia manquent cruellement dans les écoles de journalisme. En France en tout cas.

A l’automne dernier, j’étais en échange dans une école de journalisme aux Etats-Unis et c’est là j’ai appris ce qu‘était VERITABLEMENT le multimédia. Six mois de HTML, de FLASH pour créer mon site (attention c’est un pas le New York times…loin loin de là!!!!). On m’a appris à me servir de Dreamweaver, à savoir ce que c’était qu’un CSS et à monter des slideshows sous Soundslide. Et là… je laisse encore la parole à Filloux parce que ce n’est pas à Sciences Po que j’aurais appris tout ça.

I realized how unprepared they were to get into an authoring, technical and creative domain that might engulf a large part of their professional future. Journalism schools underplay an important part of the training of aspiring journalists: the development of technical skills. To most grown-up news people, drilling into arcane science of Flash or of other web production tools is as inappropriate as talking about editorial marketing

Je vais être sévère, je pense qu’il n’y a pas que dans les écoles que ça ne va pas. En France, quand les rédactions pensent faire du multimédia, elles mettent en avant une vidéo ou un son d’illustration liés à un article publié sur le site ou dans la version papier. Au mieux une animation Flash (mais ça n’arrive que très rarement dans peu de rédaction, une à deux fois par mois). Beaucoup de sites n’ont pas de programmeurs et les contenus “multimédia” restent trop souvent lié à un article écrit! Pire,  j’ai entendu que le multimédia c’était juste publier sur le web, ou encore que c’était “les commentaires des articles” (ahhhhhhhhhhhhh!).

Selon moi (et je ne prétends pas être experte), le multimédia c’est créer de toute pièce un concept pensé avec plusieurs médias en oubliant le texte, quelque chose d’intéractif et pas seulement d’illustratif. Les exemple donnés par F. Filloux sont assez représentatifs de ce que je pense être du multimédia: la série sur les new yorkais , Choosing a president, ou Anticipation on a City block tous dans the New York times, mais je donnerais aussi l’exemple de MediaStorm dont les projets mixants sons, videos et photos représentent ce qui se fait en ce moment aux Etats-Unis.

Autre gros problème, il n’y pas vraiment de site en France (corrigez moi si je me trompe) qui prétende faire de l’info uniquement dans des formats multimédia sans se baser sur du texte. Les sites des grands journaux n’ont pas de boîte de production avec lesquelles s’associer (comme c’est le cas entre MediaStorm et le Washington Post). Le multimedia ne trouve parfois même pas acheteur prouvant ainsi à quel nous sommes en retard…

Si les rédactions américaines sont plus en avance que nous c’est surtout parce qu’elles engagent des journalistes programmeurs. Read More

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