Profession stagiaire: Episode 2
Hier je vous disais que j’avais fait dix stages. Alors forcément il fallait que je fasse un épisode 2 à mon post “Profession stagiaire”. Un ne suffisait pas pour traiter le fond du problème. Je ne garantie pas que celui-ci sera aussi bon que le premier hein?!.
J’en ai pas fini car ces temps-ci je remarque les journaux qui se lancent, ont souvent tendance à recruter du “stagiaire-journaliste-pigiste sous-payé, voire non-payé”. A la pelle. Et la généralisation des stagiaires dans les rédactions pour palier le manque de journalistes, ça ne sert pas la profession, au contraire.
Il y a biensûr l’exemple du magazine 20 ans qui est ressorti en kiosque la semaine dernière. La rédactrice en chef, âgée de 19 ans à peine, était en stage conventionné. Les “pigistes” recrutées pour le premier numéro, étaient payées 25 euros pour un dossier de 4 pages, selon une des journalistes qui a travaillé avec eux et qui m’en a parlé. Or, dans un mensuel de ce type, le feuillet (soit une demie page de magazine) est payé environ 60 euros net. Payer les jeunes journalistes une misère serait donc devenu courant, voire commun.
Lisez donc l’article de 20 minutes sur les conditions de travail à 20 ans, 7 astuces pour faire un magazine sans argent. ( 20minutes.fr est menacé d’être attaqué en justice par le groupe FT médias qui relance le magazine.)
A propos des piges sous-payées: A ce tarif, le paiement des rédactrices s’apparente à de l’argent de poche: 20€ l’article de 2 à 3 pages, 10€ pour une page, et 5€ quand l’article fait moins d’une page. Comme le relève la blogueuse Filledurock qui a été contactée par la rédaction pour écrire dans le magazine, «à 10 euros la page, il faudrait rédiger 132 pages dans le mois pour toucher le Smic».
A propos du statut de la rédactrice en chef: Dans l’édito du magazine, les lectrices ont découvert à leur grande surprise une très jeune fille en photo: Claire Crepon, 19 ans, étudiante en communication et rédactrice en chef de «20 ans». Elle vient de réaliser un magazine en un temps record (un mois et demi) avec une convention de stage, tout en continuant ses études de communication la journée. Mais le patron de FT Médias, Frédéric Truskolaski, l’a remerciée quelques jours avant la parution du magazine. «On a estimé qu’elle était un peu jeune», explique Truskolaski.
Les stages remplacent des emplois et la qualité des magazines en souffre. Le premier dossier de 20 ans vous propose ainsi 30 astuces (seulement!!) pour devenir canon. Fantastique.
Un compte Twitter a même été ouvert (@20ans). Comme j’ai twitté sur le lancement du magazine, voilà que @20 ans m’envoie le Tweet suivant.

Discuter des sujets sur MSN... (l'avenir des jeunes journalistes? Euh non!)
Il se trouve que le compte était en fait géré par @nicolo (alias Nicolas Gosset, un consultant chez Spintank), rien à voir donc avec la jeune rédac’ chef. Plutôt une grosse blague pour se moquer des conditions de lancement du magazine.
Cela dit les piges payées une misère, et les rédactrices en chef stagiaires, cela me fait beaucoup moins rire!
A suivre: Episode 3. Les dessous des annonces de stages. (“Gratification prévue”, des rédactions qui se vendent comme “avant-gardistes et pointues” et autre vocabulaire pseudo-attractif.)

tellement drôle… mais réaliste, ce qui l’est beaucoup moins!
J’en ai bien peur oui…
Pingback: Profession stagiaire: Episode 3 « I’m a young journalist, What else?
Mouais, ce truc sur 20 ans c’est bizarre, je l’ai lu et j’ai écrit un article dessus sur mon blog, en le comparant aux anciens numéro… je dois dire que j’ai été très déçue par ce nouveau numéro! (oui 30 ca m’a surpris, surtout que sur mes numéros plus anciens y avait 100 qqch voire 50, mais 30 c’est pas beaucoup)