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Monthly Archives: April 2009

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Après m’être interrogée pendant une semaine sur ce blog sur le recrutement massif des stagiaires pour palier les besoins de personnel, il semblerait que l’on m’ait entendue. Oui, certaines rédactions suppriment les stages, purement et simplement. Sauf qu’ il semblerait surtout que ces rédactions, dont Eurosport (Groupe TF1), aient dit à leurs futurs stagiaires… d’aller se trouver un stage ailleurs…pour “des raisons économiques”.  (Source de première main, pas d’un stagiaire déprimé qui voudrait se venger).

Même chose aux services communication et sport de Canal +. Les stagiaires n’y seraient plus non plus les bienvenus, selon un ancien stagiaire de la rédaction qui souhaitait refaire un stage cette année.

Alors posons les cartes (billets?) sur la table: les stagiaires sont indemnisés à hauteur de 398 euros et quelques centimes par mois. Et encore ça, c’est quand ils ont de la chance!  Beaucoup de rédactions embauchent leurs stagiaires moins de trois mois pour ne pas avoir à payer d’indemnités. INDEMNITÉS, pas REMUNÉRATION, comprenez moi bien: à peine de quoi vous payer un déjeuner et votre carte orange.

Les stagiaires sont-ils vraiment ceux qui coûtent le plus cher? Je ne pense pas. Dans les rédactions de “grandes” chaînes télés, les présentateurs hésitent souvent à communiquer leurs salaires, j’irais donc plutôt chercher de ce côté là.

Pourtant, vendredi dernier Nicolas Sarkozy, – et quatre ministres, rien que ça: Valérie Pécresse (Enseignement supérieur), Martin Hirsch (haut commissaire à la jeunesse), Eric Woerth (Budget) et André Santini (fonction publique)- avaient annoncé plusieurs mesures importantes concernant les stages :

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Je vous en parlais hier. Pourquoi ne pas faciliter la tâche aux employeurs encore un peu et créer un hashtag #offredestage sur Twitter? Une façon de regrouper toutes les offres et de faciliter le recherche de stagiaires ou de stages. Voilà qui est fait. Oubliez monster.com et l’ANPE.

Xavier Moisant a repris mon idée. Il ne manquerait plus que ça marche…

Pour l’instant,  voilà ce que ça donne dans Twitter search!

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Twitter est en train de devenir l’endroit  “in” pour se trouver un stagiaire. Car Twitter a quelque chose d’assez informel et de jeune, qui permet aux employeurs de ne plus formuler leurs offres de stages dans les règles de l’art. Deux ou trois lignes seront bien suffisantes. Après Philippe Couve, concepteur et producteur de l’Atelier des média à RFI, qui a posté une annonce pour un stage via Twitter lundi, en voici deux nouvelles.

En deux jours, deux offres ont en effet été postées (et sûrement beaucoup d’autres que je n’ai pas du noter, mais que je m’emploie à pister, notamment grâce @leparisdechine sur Twitter). Très chers stagiaires professionnels, remerciez ainsi:

> Xavier Moisant, directeur “digital” chez Edelman France, une agence de relations publiques.

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RT svp....Qui aurait compris cette offre il y a encore un an??

> et Laurent Colin, “web strategist” qui travaille notamment avec ARTE (où je suis en ce moment, um!)

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A noter, le langage délibérement djeuns mi français, mi english et le "matos" fourni. Après enquête, l'offre s'adresse à des web-reporters BENEVOLES!

Il s’agit donc de RT“, ou re tweeter, c’est-à-dire de reprendre l’annonce pour la faire tourner sur Twitter, et de DM“, donc d’envoyer l’équivalent d’un mail Twitter (toujours en 140 caractères) à celui qui propose l’offre. DM, RTOubliez les annonces formelles type: “Le service de l’entreprise blablabla recrute un stagiaire entre le mois de juin et le mois d’aout pour participer à blablabla et accomplir des tâches aussi diverses que blablabla”.

Fini le blabla, Twitter va à l’essentiel, plus besoin de langage corporate. Tout est facile, GRATUIT, et réactif. Les merveilles de la technologie appliquées au monde l’entreprise.

Mais alors… Pourquoi ne pas créer un hashtag #offredestage?? Read More

Avant, pour chercher un stagiaire, il y avait les réseaux. Aujourd’hui, il y a aussi les réseaux sociaux. Enfin les SITES de réseaux sociaux. Il semble en effet que trouver un stagiaire soit maintenant aussi facile que de taper 140 caractères sur Twitter. C’était le cas hier avec cette annonce urgente de Philippe Couve, concepteur et producteur de L’atelier des médias sur RFI. Ok son émission repose en grande partie sur les réseaux sociaux, mais quand même!

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Si vous êtes intéressés, que vous cherchez un stage en mai (je dis bien un stage, pas un boulot, cf mes trois articles précédents) envoyez vos candidatures en DM (direct message, les mini mails de Twitter) à @couve. Je voudrais bien voir la tête de votre lettre de motivation+CV en 140 caractères!!

Sinon, il y aussi Facebook pour les annonces de stages.  Vendredi dernier, une de mes “Facebook Friend” avait pour statut “recherche (beau !) stagiaire journaliste conventionné entre mai et septembre sur www.menstyle.fr“.

Certes, de nos jours Facebook et Twitter sont à peu près visités un trillion de fois par jour par chacun d’entre nous. Read More

Résumé des épisodes précédents: dans l’épisode 1 je vous expliquais en quoi  engager un stagiaire pour compenser un manque de personnel était illégal. Dans l’épisode 2, je soulignais que la généralisation des stagiaires dans les rédactions de journaux, radio, chaînes télé, tout ce que vous voulez, pouvait nuire à la profession.

Voici maintenant que  le Journal du Dimanche encourage les jeunes diplômés à faire des stages!!! Dans une rubrique spéciale “quatre astuces pour passer la crise” du dossier “Le grand défi des jeunes diplômés”, on pouvait ainsi lire:

Il peut s’avérer judicieux de conserver son statut étudiant afin d’utiliser le système de conventions de stage. Il suffit de s’inscrire à l’université.

Allez y jeunes diplômés réinscrivez vous à l’université, n’entrez pas sur le marché du travail, soyez compétents et sous-payés!

Le dossier, plutôt intéressant, du JDD daté du 19 Avril,  explique ainsi que les jeunes diplômés qui sortent sur le marché du travail cette année (comme moi) auront  plus de mal à trouver un emploi que les années précédentes. Certes! Mais le coup de l’astuce de se réinscrire en fac (sans assister aux cours) pour continuer à faire des stages, alors que vous êtes compétent pour un emploi (oui un vrai!), ce n’est pas vraiment un bon conseil!

Judicieux d’accumuler les stages? Pas vraiment. Un employeur qui voit un CV avec une longue liste de stages ne voit pas ça non plus d’un très bon oeil. C’est un PDG qui me l’a dit!

Hier je vous disais que j’avais fait dix stages. Alors forcément il fallait que je fasse un épisode 2 à mon post “Profession stagiaire”. Un ne suffisait pas pour traiter le fond du problème. Je ne garantie pas que celui-ci sera aussi bon que le premier hein?!.

J’en ai pas fini car ces temps-ci je remarque les journaux qui se lancent, ont souvent tendance à recruter du “stagiaire-journaliste-pigiste sous-payé, voire non-payé”.  A la pelle. Et la généralisation des stagiaires dans les rédactions pour palier le manque de journalistes, ça ne sert pas la profession, au contraire.

Il y a biensûr l’exemple du magazine 20 ans qui est ressorti en kiosque la semaine dernière. La rédactrice en chef, âgée de 19 ans à peine, était en stage conventionné. Les “pigistes” recrutées pour le premier numéro, étaient payées 25 euros pour un dossier de 4 pages, selon une des journalistes qui a travaillé avec eux et qui m’en a parlé. Or, dans un mensuel de ce type, le feuillet (soit une demie page de magazine) est payé environ 60 euros net. Payer les jeunes journalistes une misère serait donc devenu courant, voire commun.

Lisez donc l’article de 20 minutes sur les conditions de travail à 20 ans, 7 astuces pour faire un magazine sans argent. ( 20minutes.fr est menacé d’être attaqué en justice par le groupe FT médias qui relance le magazine.)

A propos des piges sous-payées: A ce tarif, le paiement des rédactrices s’apparente à de l’argent de poche: 20€ l’article de 2 à 3 pages, 10€ pour une page, et 5€ quand l’article fait moins d’une page. Comme le relève la blogueuse Filledurock qui a été contactée par la rédaction pour écrire dans le magazine, «à 10 euros la page, il faudrait rédiger 132 pages dans le mois pour toucher le Smic».

A propos du statut de la rédactrice en chef: Dans l’édito du magazine, les lectrices ont découvert à leur grande surprise une très jeune fille en photo: Claire Crepon, 19 ans, étudiante en communication et rédactrice en chef de «20 ans». Elle vient de réaliser un magazine en un temps record (un mois et demi) avec une convention de stage, tout en continuant ses études de communication la journée. Mais le patron de FT Médias, Frédéric Truskolaski, l’a remerciée quelques jours avant la parution du magazine. «On a estimé qu’elle était un peu jeune», explique Truskolaski.

Les stages remplacent des emplois et la qualité des magazines en souffre. Le premier dossier de 20 ans vous propose ainsi 30 astuces (seulement!!) pour devenir canon. Fantastique. Read More

Des stages j’en ai fait. 10, rien qu’en journalisme, j’ai compté, je vous assure! Je ne remettrai jamais en cause leur utilité, j’ai beaucoup appris et j’apprends toujours beaucoup (Je suis en ce moment chez ARTE). Mais, voyant à quel point les rédactions étaient friandes de stagiaires bien formés pour remplacer des journalistes, j’en suis venue à me demander… Ont-ils vraiment le droit de prendre des stagiaires quand la rédaction manque de journalistes? NON. Et, en me penchant sur les textes de loi, j’ai appris ça (source: le site du Sénat):

Constitue un abus de stage le fait de conclure une convention pour remplacer un salarié absent, suspendu ou licencié, pour exécuter une tâche régulière correspondant à un poste de travail, pour faire face à un accroissement temporaire d’activité ou pour occuper un emploi saisonnier.

Constitue également un abus de stage le fait de recruter un stagiaire qui a terminé la formation lui permettant d’occuper les fonctions correspondant au poste de travail qui lui est attribué. En effet, depuis quelques années, est apparu un phénomène marginal mais inquiétant : des employeurs exigent de candidats au recrutement qui ont achevé leur cursus de formation qu’ils se réinscrivent dans un établissement d’enseignement complaisant qui leur délivrera une convention de stage. Cette politique de recrutement qui vise à contourner le droit du travail permet à des employeurs de recourir aux services de personnes qualifiées sans en payer le prix et détruit corrélativement de vrais emplois.

Très intéressant! Croyez moi, l’été dans les rédactions, il y a souvent des stagiaires qui remplacent des journalistes. Et ce n’est pas seulement un phénomène français. Cela m’est arrivé en Angleterre, et aux Etats-Unis aussi. Surtout en ces temps de “crise” où embaucher un jeune journaliste compétent ne viendrait pas à l’idée de beaucoup de rédacteurs en chef.

Et puis deuxième chose, quand vous êtes enfin diplômés, mais (je dis bien mais) jeune, on veut bien vous prendre. Mais toujours en stage. (Un stagiaire à 398 euros par mois c’est quand même moins cher qu’un salarié!). Il serait  bien possible d’attaquer votre responsable de stage aux Prud’hommes… mais le jour où un stagiaire a les moyens de se payer un avocat, appelez-moi!

Je tire cependant mon chapeau aux rédactions qui embauchent l’été en CDD. C’est souvent le cas de la presse régionale (Ouest France, La Montagne, France Bleu..). Je devrais peut être aller faire un tour en Gironde cet été?!…

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